Socialistes, Altermondialistes, Ecologistes par Mouvement Utopia

Publié le par EMINEM cgtmci@free.fr

Document complet sur : www.mouvementutopia.org

« Ils ont échoué parce qu’ils n’avaient pas commencé par le rêve »        Shakespeare

Sommaire
1. INTRODUCTION : POSER LA QUESTION DU SENS ET DE L’IDEAL
2. L’ALTERDEVELOPPEMENT : NOTRE REPONSE AUX IMPASSES DE LA CROISSANCE, DE LA SOCIETE DE CONSOMMATION ET DE LA CENTRALITE DE LA VALEUR TRAVAIL
      2.1. CAPITALISME, DEMOCRATIE ET ALTERDEVELOPPEMENT
      2.2. NOTRE ALTERDEVELOPPEMENT
3. CONTRE TROIS ALIENATIONS FONDAMENTALES
      3.1. LA « RELIGION » DE LA CROISSANCE
      3.2. LA CONSOMMATION, NOUVEL OPIUM DU PEUPLE      3.3. LE TRAVAIL ERIGE EN VALEUR
      3.4. DE NOUVEAUX INDICATEURS DE RICHESSE
4
. CONCLUSION : REINVENTER LA POLITIQUE
5. UTOPIA, UNE DEMARCHE POLITIQUE GLOBALE

1. Introduction : Poser la question du sens et de l’idéal

Faire de la « bonne » politique c’est d’abord avoir une vision précise de la société vers laquelle on veut aller. Combattre efficacement la révolution conservatrice en cours alliant ultralibéralisme économique et pratique autoritaire du pouvoir nécessite de concevoir une nouvelle pensée et un projet à la hauteur de cet enjeu.
La politique aujourd’hui se résume au mieux à un art des moyens qui oublie sa finalité, au pire à une simple conquête ou conservation du pouvoir.
Nous devons reprendre le combat des objectifs et des idées pour proposer une alternative
ambitieuse mais crédible au modèle néolibéral qui domine actuellement la scène mondiale.

Construire un projet de société, c’est définir et organiser les conditions de vie qui permettront à chacun de s’épanouir.
Force est de constater que sur ces points nous nous situons souvent aux antipodes des idées reçues.

Pour construire, il faut préalablement dé-construire et pour cela identifier les aliénations que  nous devons combattre.
Pour Utopia, les trois premières aliénations des sociétés développées sont le dogme de la croissance comme solution aux maux économiques, le dogme de la  consommation comme seul critère d’épanouissement individuel, la centralité de la valeur travail comme seule organisation de la vie sociale.
Le combat contre ces trois aliénations est indispensable pour construire le cadre de la société dans laquelle nous voulons vivre et l
es modalités d’un véritable alterdéveloppement.

Notre alterdéveloppement doit permettre à chacun d’intégrer la société, d’être autonome en disposant non seulement de moyens financiers d’existence, mais aussi des outils lui permettant d’exercer un jugement éclairé, de participer à des choix communs.
Etre un citoyen actif, ce n’est pas seulement produire et consommer, c’est aussi apprendre à vivre ensemble, comprendre les enjeux de notre société et participer à la vie politique.

A travers
notre approche de l’écologie, notre vision altermondialiste et notre conception élargie des droits fondamentaux, nous proposons les moyens de reconstruire un nouveau modèle de société.

Nous revendiquons cette utopie qui considère que la réflexion alliée à l’imagination, que les principes de fraternité combinés à la volonté farouche de s’attaquer aux causes du dérèglement  social et écologique,
arriveront à fédérer un mouvement fort, solidaire, capable de proposer  une véritable alternative au capitalisme.

Nous n’avons pas la prétention d’apporter systématiquement du neuf sur le « marché » de la culture politique, mais de resituer nos propositions dans une perspective globale. Notre originalité consiste aussi à porter ces analyses et propositions
au sein des mouvements et partis de gauche, des objecteurs de croissance au parti socialiste, en passant par les verts, les   altermondialistes, les antilibéraux et les alternatifs.

UTOPIA appelle à l’émergence d’une gauche d’avant-garde fondée sur une identité écologiste,
altermondialiste et anti productiviste, capable de transformer la société, de porter de nouveaux
idéaux et de les réaliser.



La décroissance, un constat juste, une impasse politique ?

En France René Dumont, lors de la présidentielle de 1974, alerte l’opinion sur les limites desressources naturelles. Ayant eu raison trop tôt, il recueille moins de 2% des suffrages.
La décroissance est donc une idée encore neuve au niveau du grand public, mais qui ne va past arder à se propager en raison de la crise écologique et sociale.

Le terme de décroissance, « mot obus » selon Paul Ariès, sert à interpeller afin de mettre en évidence l’absurdité de l’économisme. Les partisans de ce mouvement souhaitent que la décroissance matérielle soit accompagnée d’une croissance relationnelle, conviviale et spirituelle. Et cela n’a rien à voir avec le retour à la bougie, comme les caricaturent trop souvent les partisans aveugles de la croissance.
Si vous parlez aujourd’hui de décroissance, il y a de fortes chances pour que la plupart desresponsables politiques, des entrepreneurs ou des syndicalistes vous considèrent comme un doux rêveur doublé d’un privilégié. Dans un pays qui compte 7 millions de chômeurs ouprécaires, il est normal que ce vocable passe mal. « Une idéologie de gosses de riches », titrait
Le Monde.

Les théoriciens du mouvement ont eux-mêmes conscience de cette difficulté, reconnaissant que cette pensée engendrait le meilleur mais parfois aussi le pire. Il ne faut pasque la tentation mimétique entraîne les militants de la décroissance vers la logique néfasted’une nouvelle idéologie « décroissantiste ». D'où l'auto-dénomination d'Objecteurs de Croissance.
"Le terme de décroissance sera lui-aussi dépassé, lorsqu'il aura fait son travail de cri d'alarme"soutient Paul Aries

Pour nous, l’idéologie de la décroissance ne serait pas plus pertinente que l’idéologie de la croissance.
Selon Serge Latouche, il serait plus opportun de parler d’a-croissance comme l’on parle d’a-théisme pour refuser le culte actuellement dominant de la croissance présenté comme la seule religion mondiale économiquement possible.
Nous le rejoignons tout en préférant le terme d’alterdéveloppement.

Cela signifie concrètement qu’il faut définir, en fonction de notre idéal de société, les secteurs qui devront croitre mais aussi ceux qui devront décroitre afin de construire une politique mettant le bien-être humain des générations actuelles et futures au 1er rang des objectifs.

Cela signifie également qu’il faut déconstruire les trois piliers qui supportent la croissance et qui constituent de véritables « pousse au crime » (Serge Latouche) :
 - la publicité qui fait du citoyen un consommateur en état d’insatisfaction et de frustration permanent,
 - l’obsolescence des produits qui nécessite consommation et exploitation abusive des ressources,
 - l’essor du crédit à la consommation dans la cadre d’un système économique reposant sur l’accroissement du besoin tout en précarisant et dominant le consommateur.




L’équation est simple : Comment faire avancer notre corpus politique de façon la plus efficace possible ?

A travers les partis politiques

Avec toutes leurs insuffisances et leurs lourdeurs, les partis politiques sont aujourd’hui les instruments privilégiés de notre démocratie.
Au niveau local comme au niveau national, ils définissent une ligne politique, désignent des dirigeants et - théoriquement - mettent en oeuvre des programmes électoraux.
Nous considérons donc les partis comme des outils incontournables qu’il faut investir et au sein desquels il faut peser pour faire progresser nos idées.

Aujourd’hui présents au PS (où nous avons déposé des motions en 2003 et en 2005) et chez les Verts (où nous avons déposé une contribution au débat dans le cadre du congrès de Bordeaux), nous avons l’ambition de bousculer la segmentation traditionnelle entre les partis  de gauche en nous positionnant sur le fond et non sur les questions de personnes.

Pour ce faire, nous souhaitons défendre, toujours plus largement, les mêmes orientations élaborées collectivement au sein d’Utopia par des militants issus de ces partis, mais également du mouvement social, associatif et altermondialiste.

A travers un cycle de conférences
Le cycle de conférences que nous organisons à Paris et en province permet un débat entre intellectuels et politiques (http//:utopiaconf.free.fr).
Il répond à une double exigence : d’une part, la nécessité pour Utopia de poursuivre sa réflexion de fond et de l’enrichir sans relâche sur de nombreux thèmes ; d’autre part la possibilité de créer un espace public sur des thèmes identifiés qui touche des publics peu familiers du monde politique à s'intéresser à la chose publique, aux problématiques économiques, et surtout d'appréhender des logiques différentes de la logique dominante.
La réussite de ces conférences montre à quel point il est devenu impératif pour les organisations politiques traditionnelles de revisiter leur rapport au militantisme.

A travers des partenariats avec des cinémas indépendants
Grâce au réseau de cinémas indépendants Utopia (créé bien avant notre mouvement) et d’autres cinémas indépendants, nous organisons, sur tout le territoire national, des projections débats avec, lorsque c’est possible, la participation des réalisateurs. Cette démarche permet le débat autour des axes de réflexion et des thèmes développés dans le film.
Il s’agit de faire de la politique autrement, au plus près des citoyens, échanger, susciter la réflexion, tenter de faire connaître nos positions, amener chacun à développer son rôle de citoyen, notamment dans le champ associatif ou politique.

A travers des liens forts avec le monde intellectuel
Utopia, pour approfondir sa réflexion, tisse des liens privilégiés avec de nombreux intellectuels engagés.
Nous avons lancé à l’automne 2007 un Comité Scientifique qui réunit des chercheurs de toutes disciplines prêts à discuter avec nous de notre approche et de notre ligne politique.

Par ailleurs, partenaire du CEPN (Centre d’Economie de l’Université Paris Nord, Unité de recherche du CNRS), Utopia souhaite créer une véritable synergie avec le monde universitaire.
Cette ambition s’est également concrétisée à travers un partenariat avec le mensuel Alternatives Economiques qui relaye nos conférences et participe à certains de nos débats.

A travers une internationalisation de notre mouvement.
   Présent lors du dernier Forum Social Européen (Athènes en 2006, Malmö en 2008), Utopia est en contact avec de nombreux responsables et militants européens partageant son ambition.
L’objectif d’Utopia est bien de créer un réseau international avec toutes les associations, mouvements, partis politiques, syndicats ou citoyens du monde se reconnaissant dans sa démarche.
D’ores et déjà, nous avons des relais en Uruguay, Allemagne, Algérie, Italie, Belgique, Hongrie et Grèce. Il ne s’agit que d’un début…


 

Publié dans OC

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