Buffet, une valse hésitation vers la sortie

Publié le par EMINEM cgtmci@free.fr

Politiques
Buffet, une valse hésitation vers la sortie
MATTHIEU ÉCOIFFIER
QUOTIDIEN : vendredi 13 juin 2008

Une danse du ventre pour se faire désirer. «Je souhaiterais pouvoir me retirer», a déclaré hier Marie-George Buffet sur Canal +. En évoquant à nouveau, et au conditionnel, son possible départ de la tête du PCF, la première secrétaire tente une diversion en relançant la question du leadership. Objectif : décrédibiliser les critiques virulentes sur le verrouillage de la préparation du prochain congrès en novembre.

Après ses 1,93 % à la présidentielle, Buffet n’avait pas caché son souhait de passer la main, avant de faire volte-face il y a quelques mois : ses amis la présentant comme «la seule dirigeante en situation d’assurer l’unité et le renouvellement du parti».

Hier, nouveau changement de pied. «C’est le bordel. Elle a vraiment envie de se barrer, mais ne peut pas sans avoir une vision claire de qui va porter la séquence suivante», observait un proche de Buffet qui se verrait bien sur «un ticket collectif» avec elle. «La vérité, c’est qu’elle ne sait pas ce qu’elle va faire. Si Marie-George et son premier cercle sont en grande difficulté, le seul moyen de bétonner sera qu’elle reste. Si elle gagne le congrès sur son orientation, elle passera la main. Car elle n’est pas avide de pouvoir», analysait hier un dirigeant national. «En attendant, faire monter dans la tête des militants l’idée que, derrière le débat d’orientation, ne se joue qu’une guerre de succession permet de susciter le réflexe légitimiste dans le parti. C’est malin, mais cela prouve qu’elle est sur la défensive», ajoutait un autre responsable. Lundi, un front hétéroclite d’amis de Robert Hue, de Jean-Claude Gayssot, de communistes refondateurs a dénoncé la «confiscation» du débat par la direction qui ne présenterait qu’une option aux militants : celle d’un Parti communiste replâtré, quand d’autres prônent une démolition-reconstruction, une refonte dans un grand parti de gauche ou une rupture avec le PS sur un schéma antilibéral. Mardi, des dirigeantes «sans courant» ont appelé à un «débat sans tabou». «Attention à l’autoverrouillage», a lancé hier Buffet à l’adresse de ces déverrouilleurs.



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