Raoul Marc Jennar : Questions aux militants de la LCR

Publié le par EMINEM cgtmci@free.fr

« Rouge » a décidé d’ouvrir ses colonnes à des individus, courants ou organisations politiques, pour débattre de la question de la construction d’un nouveau parti. Cette semaine, c’est Raoul Marc Jennar, militant altermondialiste, qui donne son avis.

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Photothèque Rouge/Thomas Mitch

Merci à Rouge de m’offrir la possibilité de m’adresser en toute liberté aux militants de la LCR. J’ai été choqué lorsque j’ai lu, dans Politis, le tir groupé de Martelli, Coquerel, Boislaroussie, Debons, Bavay et Salesse contre l’intention de la LCR de contribuer à la création d’un nouveau sujet politique. Choqué de les voir d’emblée condamner un projet avant même que celui-ci ait vu le jour et qu’il soit possible de mesurer l’ampleur de la mutation voulue par la LCR. Ma réaction est différente. Je ne claque pas la seule porte qui s’ouvre. Ce qui ne signifie pas naïveté ou ingénuité. Je ne dis pas « oui » à la LCR. Je dis : voyons ce qu’il en est.

On trouvera sur le site de la Ligue ainsi que sur mon blog (http://rmjennar.free.fr), l’échange que je viens d’avoir avec Daniel Bensaïd. J’ai exprimé mes préoccupations les plus fortes sur la double et égale centralité de la question écologique et de la question sociale, sur la démocratie dans un parti et dans la société, sur les libertés fondamentales, sur réforme et révolution, sur le public auquel s’adresse le projet NPA [nouveau parti anticapitaliste, NDLR]. Les réponses de Bensaïd sont encourageantes. Elles dégagent le chemin. Mais elles doivent se concrétiser en décisions de la part de la LCR elle-même.

Depuis que j’ai proposé ce dialogue, j’ai reçu des dizaines de commentaires. Quelques-uns négatifs, beaucoup approbateurs, mais plus nombreux encore chargés d’interrogations. C’est ce questionnement dont je veux me faire ici le porteur. J’invite les lecteurs de Rouge à réfléchir à ces préoccupations de gens qui ne rejettent pas d’emblée le projet NPA.

Je commencerai par la plus délicate : l’affaire Picquet. Délicate, parce que la LCR n’est pas le NPA et je refuse le procès d’intention. Mais il me faut l’évoquer parce que de très nombreux correspondants y ont vu une raison majeure de ne pas créditer la LCR d’une volonté réelle de transformation. Ils y ont vu ce qu’ils rejettent le plus fortement dans le fonctionnement actuel des partis politiques. Ils m’ont écrit en substance : tu te trompes en pensant qu’un nouveau sujet politique en phase avec les aspirations profondes des citoyens non encartés puisse naître d’une LCR qui se comporte ainsi.

Deuxième questionnement, qui complète le premier : quelle structure pour ce nouveau parti ? Je ne retiens que l’interrogation de ceux qui acceptent que toute action collective implique un degré d’organisation et qui conviennent que les choix engagent ceux qui les prennent. Comment éviter que la délégation et la hiérarchie dans laquelle elle s’exprime ne confisquent la souveraineté du citoyen-militant ? Comment satisfaire les exigences de transparence, de reddition des comptes et de circulation des informations ?

Troisième questionnement : comment gérer fructueusement la rencontre entre la culture politique des militants de la LCR et la culture politique de gens qui n’appartiennent à aucun parti, mais qui sont engagés dans des activités citoyennes comme la défense des droits humains, l’écologie, le refus du nucléaire, le rejet d’un modèle économique fondé sur la croissance et le productivisme ? Comment organiser la militance commune entre des gens baignés dans le marxisme-léninisme et des gens qui ne se retrouvent pas dans l’analyse marxiste et qui n’ont que faire de Lénine ou de Trotsky pour changer la vie et la société ?

Cher(e)s militant(e)s de la LCR, nous savons les combats que nous sommes capables de mener ensemble. Nous l’avons vérifié dans le rejet du traité constitutionnel européen et nous le vérifions lorsqu’il s’agit de lutter contre les licenciements dans les entreprises qui font du profit, contre les délocalisations, contre la casse sociale, contre le néopétainisme dominant, contre l’OMC, le FMI, la Banque mondiale. Nous avons montré que nous étions capables d’être « anti » ensemble. Le projet NPA nous lance, à vous comme à nous, un défi formidable : serons-nous capable de proposer et de porter ensemble une alternative à la hauteur des enjeux du XXIe siècle ?

Publié dans NPA

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K
militante de base... très de base... j'hésite. ..Ni rmj que je trouve remarquablement courageux, ni Francine Bavay...Boislaroussie, debons(encore moins)ne me représentent...j'avais envie de m'activer pour la campagne de JBové parce que lui -au moins -représentait qqchose pour moi à défaut de me re-présenter...mais je trouve que le jeune Besancenot est un meilleur produit médiatique que josé...alors que faire?...un "nouveau" parti politique derrière les communistes comme certains vrais naifs à la tête dure nous le proposent,faire du vrai bon gros "centralisme démocratique" moisi avec toujours les mêmes vieux que nous sommes...ou attendre que les lycéens s'organisent en faisant les mêmes erreurs que nous(s'ils ne sont pas trop réprimés par la police du pouvoir...) bon non je vais continuer à m'occuper d'écologie et de consommation responsable...p't'êt monter une nouvelle secte? "courons camarades" à l'allure où nous allons le vieux monde est vraiment devant nous!!! nous pouvons peut-être aussi nous détendre et parler et penser...ça viendra un peu plus tard...nous ne sommes pas prêts
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B
J'avais remarqué et apprécié dans la réponse de RMJ à Daniel Bensaid la référence au nécessaire refus explicite des agents de la mondialisation : l'union europeenne, l'OMC, la BCE, le FMI, refus unitaire et populaire exprimé en France dans le NON de 2005. Cette référence manquait totalement chez Bensaid qui en contestait le caractère populaire et rendait pour moi impossible tout regroupement politique reellement de gauche.<br /> Merci à RMJ de remettre avec d'autres, le problème sur la table
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