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Jean-Marc Sylvestre constate impuissant l'effondrement de la finance internationale et l'inéluctabilité des nationalisations !!

Publié le par EMINEM cgtmci@free.fr

Par P B le vendredi 14 mars 2008

Face à la crise financière mondiale, alors qu'aucune des solutions essayées jusque là n'a permis de colmater les brèches pour où le bateau ivre prend l'eau, la seconde des solutions évoquées par Jean-Marc Sylvestre pour sauver les banques en difficultés consiste à ... à ... faire intervenir les Etats pour sauver les meubles : NA-TIO-NA-LI-SER les banques en faillite ! Telle est la solution à laquelle nous ne devrions pas couper nous les contribuables !!! Mêmes et y compris dans la mère patrie des libéralistes, les USA !

Extrait de la chronique - à lire et à écouter pour bien mesurer le changement de ton radical du chantre du laisser-faire. Un aveu d'impuissance qui vaut désavoeu massif de bien des chroniques qui vantaient les bienfaits des politiques libérales :

"Tous les indices dessinent un paysage complètement sinistré. Là quand on fait le bilan c'est assez terrible. (...) Les interventions des banques centrales ont débouché sur une accalmie de trois jours. (...) Tous les marchés financiers sont en train de paniquer. (..) C'est comme si on se retrouvait dans un paysage qu'on avait du mal à maîtriser, à contrôler. C'est comme si on avait détruit en quelques jours presque dix années de travail dans les économies occidentales. (...) Tous les jours il y a un élément de la finance internationale qui craque. (...) Et ces fonds d'investissement qui ont fait tellement peur aux occidentaux pendant des années, on s'aperçoit qu'ils sont fragiles eux aussi en raison de leur endettement. (...)

Les dirigeants de la finance internationale s'aperçoivent de leurs erreurs, mais les classes politiques et les opinions publiques, notamment en Europe, sont assez peu conscientes des dangers que nous courons et du volcan qui risque de nous sauter finalement à la figure ( comment en serait-il autrement alors que tous les experts pour ainsi dire, Sylvestre y compris, prophétisaient unanimement jusqu'à il y a peu que grâce au dé-cou-plage le possible, au pire le possible décrochage des USA n'affecterait nos économies que de façon résideulle !!! Tu parles !!! ].

Alors comment éviter la catastrophe ? Tous les moyens classiques pour éteindre le feu ont quand même été utilisés et ils sont inopérants. Les banques centrales sont intervenues trois ou quatre fois au cours des derniers mois. Le gouvernement américain a préparé des plans de soutien, tout le monde a renforcé ses capacités de contrôle mais ça ne suffira pas. Il faudra bien accepter deux grandes familles de remèdes de cheval.

1/ Les fonds émergents : on n'y échapera pas. La Chine, l'Inde, les pétroliers ont beaucoup d'argent. Ils accepteront de venir sauver les établissements occidentaux mais ils finiront bien par demander des contreparties politiques. Et c'est ces contreparties politiques qu'il faudra négocier. Et ça ça ne se passe plus au niveau des banques et des dirigeants d'entreprises ; ça se passera au niveau des chefs de gouvernement.
2/ La mutualisation des risques. Les Etats ne pourront pas ne pas intervenir. Soit en finançant les pertes des banques pour éviter les faillites, soit en nationalisant carrément les banques, y compris les USA. C'est ce que les Anglais d'ailleurs ont commencé à faire. Ca veut dire que c'est le contribuable occidental qui paiera."

Nationalisation des pertes, privatisation des profits prévoit l'adage de circonstance. Elle est pas belle la vie !!!


De son côté, John Lipsky, délégué général adjoint du FMI, a déclaré lors d'une conférence de l'Institut Peterson d'économie internationale à Washington, qu'il faut « envisager l'impensable, » a-t-il dit, même si le scénario d'un effondrement du système financier mondial reste « improbable ». « Il ne fait guère de doute que les risques d'escalade de la crise s'intensifient et que des mesures déterminées soient nécessaires pour stabiliser le système financier et l'économie du monde. » Dès lors que « les solutions du marché ont été épuisées, » a-t-il continué, « nous devons garder toutes les options sur la table, y compris l'utilisation potentielle de fonds publics pour conforter le système financier ». « Le Fonds est également prêt à utiliser ses liquidités record, si nécessaire, pour aider à amortir [l'impact de la crise] sur l'économie mondiale. »

Toujours sur ce sujet, extrait du Monde du 17 mars 2008 :
"ETAT-RENFLOUEUR" - Pourquoi fallait-il impérativement "sauver" Bear Stearns ?, demande Le New York Times. Sa chroniqueuse Gretchen Morgenson rappelle que, dans les années 1990, on avait "laissé mourir" Lambert Drexel Burnham, emportée par ses engagements massifs sur les "obligations pourries". Bear Stearns, ajoute-t-elle, s'est aussi fort mal comportée. Il fallait "faire de BSC un exemple", clame William Fleckenstein, président d'un fonds qui porte son nom. Car tant que la Fed actionnera la planche à billets - nous sommes devenus un "Etat-renfloueur" des spéculateurs, regrette-t-il -, les banques se sentent en situation d'impunité et recommenceront demain. "Hélas ! c'est le contribuable" qui en fait les frais, ajoute Mme Morgenson.

Publié dans Crise financière

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