« Ça me gonfle »

Publié le par EMINEM cgtmci@free.fr

Contribution de Pierre Assante

Section du 8ème arr. de Marseille

24 février 2008

 

C’est ce que j’entends dire par certains de certains textes. Je ne relève pas la chose d’une façon polémique, ni ne conteste le droit de ressentir cela et de l’exprimer.

Je pourrais en dire autant de textes qui rabachent les mêmes oppositions, les mêmes contestations, les mêmes colères, sans avancer d’un iota dans la prise de conscience et l’action des peuples pour transformer leur vie.

Bien sûr, il y a des choses simples à comprendre, et qui ne gonflent pas, en ayant un minimum de curiosité et un minimum d’intérêt et de compréhension dans la situation des autres et de la sienne propre, en commun.

Par exemple il saute à la figure comme évidence que l’accumulation des richesses par les uns appauvrit les autres et que cet appauvrissement a des conséquences sur la situation de tous et le comportement de tous, par exemple sur la guerre ou la paix.

Il est aussi évident que pour que l’accumulation des richesses (qui font une société cultivée, qui a du temps pour faire autre chose que se nourrir à minima dans les nourritures alimentaires et « spirituelles ») ait lieu, il faut que chaque individu, dans la production, produise plus que ce qu’il a besoin pour ses besoins élémentaires de survie.

Mais la société en se développant a développé des lois. Les rapports sociaux n’ont pas lieu comme des rapports directs entre individus dans un groupe restreint. Beaucoup d’humains qui pratiquent avec leurs amis, leurs connaissances, leur famille un rapport humain simple mais riche et agréable de par les échanges solidaires et généreux qu’ils induisent, pensent pouvoir établir ce type de rapport d’une façon générale entre les êtres humains.

Les lois que la société a développées demandent à agir sur ces lois elles-mêmes pour transformer les rapports sociaux et les rendre à des rapports humains du type décrit précédemment. Agir sur ces lois demande de les connaître, et c’est là que « ça commence à gonfler ». C’est comme si on demandait aux adultes en général qui ne seraient jamais allé à l’école, d’apprendre même pas les mathématiques, mais simplement l’arithmétique.

La société ne pourra se transformer et surmonter sa crise que si elle apprend ce dont elle a besoin pour se gérer démocratiquement. Marx et d’autres, tant d’autres à sa suite, ont commencé à contribuer à cet enseignement, mais ceux qui détiennent le capital et les privilèges qui accompagnent cette propriété se gardent bien de permettre à tous les savoirs de la libération du travail salarié et la construction de l’échange équitable du travail généralisé et mondialisé, de l’activité humaine.

Les explosions dûes aux crises et aux maltraitance des populations ne seront que des révoltes sans lendemain si nous n’avançons pas sur ce chemin. Bien sûr, les révoltes contiennent aussi les incitations à construire, à condition que ces incitations ne soient pas laissées pour compte comme cela se produit le plus souvent encore actuellement.

Pierre Assante
le 24 février 2008

Publié dans Economie

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