Anticapitalisme et antilibéralisme [ Troisième partie ]

Publié le par EMINEM cgtmci@free.fr

3- La question de l’Etat.

Il est courant d’entendre dire que celui qui défend l’Etat, ou prend des mesures juridiques étatiques impliquant quelques contraintes aux entreprises, que celui qui défendrait une certaine intervention de l’Etat dans l’économie, qui limiterait le libre-échange, serait antilibéral. L’anti-libéralisme serait synonyme d’étatisme. Une telle conception est archi-fausse. D’abord, les libéraux considèrent comme nécessaire l’existence d’un Etat, au moins régalien et pour fixer quelques règles du jeu (voir code des sociétés, code du droit commercial,...). D’autre part, selon les périodes historiques, l’Etat est utilisé par la bourgeoisie de différentes manières. En période de crise politique, notamment en économie de guerre, l’Etat joue un rôle central dans l’économie. La politique économique keynésienne d’après guerre accordait à l’Etat un rôle important dans l’économie, ce qui n’empêchait pas ces pays de rester capitalistes et d’être dirigés par une droite défendant le libéralisme économique. Même en cette période de néolibéralisme où l’Etat est attaqué de toutes parts (assèchement programmé des recettes de l’Etat pour créer les déficits publics, création d’organismes régionaux et supranationaux,...), celui-ci continue de verser des subventions aux capitalistes, de prendre des mesures protectionnistes aux USA, de financer les groupes d’armement,... Il n’existe pas forcément de contradiction entre dirigisme politique et libéralisme, contrairement à ce que les libéraux font croire. Napoléons, Hitler, Franco, Pinochet,....étaient-ils anticapitalistes ? Evidemment non. Alors comment auraient-ils pu être anti-libéraux ? D’autre part, être anti libéral ne signifie aucunement vouloir donner toute la puissance à l’Etat et étouffer toute liberté individuelle. Il s’agit simplement de donner à l’Etat un rôle social, de carrefour des solidarités, et un rôle actif dans l’économie, mais il ne serait être le seul acteur économique, politique. En réalité, faire croire qu’il existerait un antilibéralisme de droite a pour rôle de faire perdre à ce mot sa valeur critique par rapport au capitalisme et de créer la confusion chez les électeurs.

Il est très intéressant de voir comment De Gaulle, homme à qui on ne peut reprocher de ne pas avoir eu le sens de l’Etat, celui qui a dit que "la politique ne se fait pas à la corbeille" (de la bourse) se situait par rapport au libéralisme. Voici un texte de lui, très peu connu... "...Cependant, depuis longtemps, je suis convaincu qu’il manque à la société mécanique moderne un ressort humain qui assure son équilibre. Le système social qui relègue le travailleur- fût-il convenablement rémunéré au rang d’instrument et d’engrenage est, suivant moi, en contradiction avec la nature de notre espèce, voire avec l’esprit d’une saine productivité. Sans contester ce que le capitalisme réalise, au profit, non seulement de quelques-uns, mais aussi de la collectivité, le fait est qu’il porte en lui-même les motifs d’une insatisfaction massive et perpétuelle. Il est vrai que des palliatifs atténuent les excès du régime fondé sur le « laissez faire, laissez passer », mais ils ne guérissent pas son infirmité morale. D’autre part, le communisme, s’il empêche en principe l’exploitation des hommes par d’autres hommes, comporte une tyrannie odieuse imposée à la personne et plonge la vie dans l’atmosphère lugubre du totalitarisme, sans obtenir, à beaucoup près, quant au niveau d’existence, aux conditions du travail, à la diffusion des produits, à l’ensemble du progrès technique, des résultats égaux à ceux qui s’obtiennent dans la liberté. Condamnant l’un et l’autre de ces régimes opposés, je crois donc que tout commande à notre civilisation d’en construire un nouveau, qui règle les rapports humains de telle sorte que chacun participe directement aux résultats de l’entreprise à laquelle il apporte son effort et revête la dignité d’être, pour sa part, responsable de la marche de l’oeuvre collective dont dépend son propre destin. N’est-ce pas là la transposition sur le plan économique, compte tenu des données qui lui sont propres, de ce que sont dans l’ordre politique les droits et les devoirs du citoyen ? C’est dans ce sens que j’ai, naguère, créé les comités d’entreprise. C’est dans ce sens que, par la suite, étant écarté des affaires, je me suis fait le champion de 1’« association »..." (Charles De Gaulle. Mémoires p 998 Ed. Gallimard) Ce texte qui n’est pas dépourvu de hauteur de vue contient une certaine critique du libéralisme et de la toute puissance du marché mais cela suffit-il à dire que De Gaulle était un anti-libéral ? : non, car il n’a jamais remis en cause le pouvoir du monde des affaires. Il pensait que l’Etat avait un rôle à jouer dans l’économie et la reconstruction industrielle de la France. Bernard Denni et P.Lecomte, dans leur cours de sociologie du politique de l’IEP de Grenoble rappellent que : "...Ces données montrent de façon éloquente que la Cinquième République a rapproché les hauts fonctionnaires du coeur du pouvoir politique, favorisant ainsi une forte interpénétration entre celui-ci et le pouvoir administratif, pour aboutir à leur fusion, réalisée aux dépens des professionnels de la politique, puisqu’une proportion significative de non-parlementaires ( de 39% à 18,5 % ) accède désormais aux fonctions gouvernementales après un passage dans les cabinets ministériels. Cette évolution est étroitement liée à la volonté réformatrice de l’État qu caractérise la période gaulliste. Les hauts fonctionnaires sont alors chargés -éventuellement contre les hommes politiques -de mettre en oeuvre leur conception de la rationalité économique pour promouvoir la modernisation de la France. Ministres ou membres des cabinets, ils contrôlent et orientent la marche de l’économie en participant à différents organismes de planification dans lesquels ils rencontrent les grands industriels et financiers. L’État entrepreneur favorise donc délibérément l’institutionnalisation des relations entre la haute administration, le pouvoir politique et le monde des affaires, ce qui entraîne une intensification des flux d’échanges entre ces trois pôles de pouvoir."(L’interpénétration des catégories dirigeantesT2 ; p122 Ed. PUG) Ce capitalisme régulé par l’Etat de type fordo-keynésien, et dénoncé, à l’époque comme capitalisme monopoliste d’Etat par les communistes, n’a pas affaibli l’influence du monde de la finance sur l’Etat ou le Politique : au contraire, et nous en constatons l’héritage maintenant où l’interpénétration des pouvoirs est totale avec le libre-échangisme généralisé en plus, sans oublier une osmose encore accrue avec le pouvoir médiatique . Ainsi, un certain dirigisme économique par l’Etat ne signifie aucunement un affaiblissement du pouvoir des capitalistes et de l’idéologie libérale. N’oublions pas que les privatisations, depuis les années 80, ont été techniquement préparées par des hauts fonctionnaires imprégnés d’idéologie libérale : il existe de (trop) nombreux hauts fonctionnaires ultra-libéraux ! Cette idée, répandue par les médias, selon laquelle tout ce qui émane des cabinets ministériels serait de nature antilibérale, relève de la manipulation politique.

4- Quelques exemples d’utilisation des termes anti-libéralisme et anti-capitalisme.

a) Voici ce que dit, à ce sujet, le Dictionnaire de l’extrême gauche de S. Cosseron (Ed. Larousse) "Antilibéralisme et anticapitalisme Ce sont là deux marqueurs politiques majeurs à l’extrême gauche, qui ne sont pas pour autant totalement superposables. Si l’antilibéralisme condamne les politiques économiques et sociales des États fondées sur la déréglementation des statuts des salariés, les délocalisations et la libéralisation des transactions financières, l’anticapitalisme se présente comme une critique radicale du système économique dans son essence même. A l’extrême gauche, cette différence sémantique sépare les altermondialistes de type ATTAC de l’ultragauche ou des marxistes révolutionnaires comme Lutte ouvrière. Dans certains discours, l’emploi des deux termes est à géométrie variable. Ainsi, dans la bouche d’Olivier Besancenot, cela dépend de la stratégie politique adoptée par la LCR : quand elle est unitaire (par rapport aux autres organisations de gauche et d’extrême gauche), celui-ci emploie le mot antilibéral ; quand elle est indépendante (en son nom propre), celui d’anticapitaliste. Dans les faits, antilibéraux et anticapitalistes dénoncent les mêmes ressorts des politiques libérales : la flexibilité, la précarisation, la marchandisation de secteurs de la société jusque-là épargnés par la concurrence, l’abandon par l’État de fonctions de régulation et de répartition. La différence la plus sensible réside dans les modalités d’action et de revendication". (p80-81) Cette définition reste floue : elle ne fait référence qu’à une forme particulière du libéralisme : ce que l’on nomme habituellement néo ou ultra libéralisme, en développement depuis les années 1973. Que signifie "essence même du capitalisme" ? D’autre part, Attac comprend en son sein des anticapitalistes, et quiconque a consulté le site de Harribey, président d’Attac, http://harribey.u-bordeaux4.fr , rubrique Travaux, a compris que nous sommes loin d’une critique de surface ou seulement conséquentielle du capitalisme.

b) Cette idée, que l’anti libéralisme serait un anticapitalisme mou ou une sorte de référence au capitalisme keynésien est assez répandue. Ainsi, par exemple, sur le site Bellacio, on peut lire : "L’antilibéralisme n’est pas anticapitaliste et représente l’espoir stupide d’une certaine catégorie de réformistes de revenir à un temps révolu, celui des trente glorieuses, lorsque le Capital avait du céder en partie sous le rapport de forces issu de la Résistance. Les forces sociales qui portent cette notion d’antilibéralisme sont les couches moyennes (fonctionnaires principalement et éducation nationale proparte) et non les ouvriers, les employés et les chômeurs (ceux qui ont principalement voté non au TCE). Ce "parti de la gauche antilibérale" ne peut être qu’une impasse..." http://bellaciao.org/fr/article.php3 ?id_article=48426 Là encore, on confond les plans : système économique (capitalisme) et plan idéologique (libéralisme) et croit que l’anti-libéralisme se réduit à la critique des formes actuelles du capitalisme. En réalité, l’antilibéralisme s’attaque aux fondements idéologiques et culturels du libéralisme philosophique et économique. En revanche, l’article de Alain Bhir, sur ce même site et le même thème est très intéressant et je souscris à la quasi totalité de son texte. http://bellaciao.org/fr/article.php3 ?id_article=48820 Néanmoins, A.Bihr se laisse piéger par une définition faible de l’anti-libéralisme, curieusement à la mode.. Après avoir rappelé, avec justesse, l’ensemble des mouvements sociaux récents, il s’interroge sur leur hétérogénéité : " Et pourtant, ce qui permet de leur trouver un air de famille, c’est incontestablement l’antilibéralisme qui leur fournit au moins un point de convergence. Et il précise plus loin : " L’antilibéralisme, au contraire (par rapport à l’anti capitalisme), vise plus modestement une politique générale, en l’occurrence un mode de gestion du capitalisme en crise, engagé dans une phase de rupture avec un mode de développement antérieur qui s’est épuisé (le fordisme) et à la recherche d’un nouveau mode de développement " Il serait, en effet, totalement illusoire de penser que tous les mouvements sociaux récents seraient anti-capitalistes, même si leur action peut affaiblir quelques positions des capitalistes, mais là encore, il y a confusion des plans : l’anti-libéralisme ne peut se réduire à une critique d’un mode de fonctionnement ou de gestion du capitalisme, ce qui relèverait d’une conception purement économiste. L’utilisation du mot anti libéralisme dans un sens faible ou qui serait synonyme de réformisme me paraît confus et empêche d’utiliser ce mot pour son sens fort et originel : la critique radicale des thèmes idéologiques libéraux, la critique de la légitimation du capitalisme jusqu’en ses fondements. L’anti-libéralisme ne se contente pas d’une dénonciation des méfaits constatés et même d’une explication descriptive des mécanismes économiques en jeu. Il s’attaque aux présuposés axiomatiques, dogmatiques de la pensée libérale. Il ne réduit pas sa critique à un moment du développement du capitalisme. Malheureusement nombreux sont ceux qui se prétendent anti-capitalistes qui ne font pas cette critique radicale, et c’est l’une des raisons, non prise en compte, de la division des mouvements communistes ou alternatifs non communistes. La notion de "la défense des intérêts de..." l’individu au niveau de clan, de classe, par intégration des intérêts individuels est une démarche libérale : arrivé au pouvoir, les "révolutionnaires" qui sont censés défendre "les intérêts de la classe ouvrière", du peuple, etc finissent par constituer une nomenclaturat défendant "ses propres intérêts". La bourgeoisie capitaliste ou les nomenclaturats dites socialistes ou communistes ont le même mental : l’intérêtisme. La projection (pour utiliser un terme de la psychanalyse) de l’intérêt individuel sur un groupe, avec identification narcissique au chef du groupe conduit au culte de la personnalité, avec, bien sûr, différentes intensités. Manque donc, dans cette démarche la notion de solidarité, non pour défendre seulement ses intérêts "tous ensemble", mais la solidarité "gratuite", qui ne sera pas forcément payante pour soi. Mais la transcendance de soi ne signifie pas abolition de soi, sacrifice de soi comme cela a pu se produire dans les théocraties, les sociétés totalitaires. Certes, le sacrifice de soi peut être nécessaire dans certaines circonstances historiques exceptionnelles, mais le nombre de résistants à un système totalitaire ne dépasse pas 8% de la population au maximum. Les "saints" restent peu nombreux. L’anti-libéralisme ne serait donc se contenter d’une conception des luttes sociales fondées uniquement sur la défense des intérêts purement individuels.

c) Voici encore un exemple de confusion des termes, ici assez impressionnante. Dans son article :: "Anticapitaliste, antilibéral, de quoi parle-t-on ’" sur le site Espace Marx Aquitaine, Michel Peyret, cite Michel Onfray : http://espacesmarxbordeaux.apinc.org/article.php3 ?id_article=190 " Cette extrême-gauche plurielle confond capitalisme et libéralisme. Or le capitalisme est un mode de production des richesses par la propriété privée et le libéralisme une modalité de leur répartition par le marché libre. On peut donc être, ce qui est mon cas, antilibéral et défenseur du capitalisme. " Toujours même confusion et réductionnisme économique. Production, répartition opèrent sur le plan économique ; le libéralisme opère sur le plan idéologique des représentations. En outre, on voit mal comment le marché libre (qui n’est que pure fiction libérale) pourrait, à lui seul, sans intervention politique, juridique, en tout moyen autre que par un processus purement économique, pourrait maîtriser la répartition des richesses. Par exemple, comme le soutient le sociologue américain Charles Wright Mills, dans son ouvrage L’élite du pouvoir, c’est grâce aux institutions que la réputation, l’argent, la richesse sont acquis distribués et conservés. Enfin, comment peut-on être contre le libéralisme, dont la fonction essentielle est de défendre la capitalisme et être en même temps pour le capitalisme ? La confusion est ici totale.

d) La France anti-libérale ? Selon les médias libéraux, les français seraient en grande majorité anti-libéraux ! Pire, selon eux, pour nombreux français, le mot "libéral" serait devenu une insulte. Ainsi, Le Figaro ,dans son numéro du 10/03/06, Ezra Suleiman se lamente :"...La France est-elle particulière ? En France, par contraste, la diabolisation est instinctive. Ce qui aimante les mobilisations contre le contrat premier embauche, c’est cet antilibéralisme spontané de larges franges de la société, inculqué dès le plus jeune âge. Et le beau mot de « libéral » est presque devenu une insulte !", et dans le Le Figaro du 14/09/06 Philippe Raynaud , dans son article La Révolution : une exception française ? fait écho : "...Les problématiques de l’altermondialisme sont très présentes dans le débat social où l’extrême gauche bénéficie de l’antilibéralisme ambiant en France. Nous sommes, sans doute, un des rares pays où le mot « libéral » est une insulte.". Et les Echos relaient l’idée en faisant publicité pour le livre : Psychanalyse de l’antilibéralisme les français ont-ils raison d’avoir peur ? sous la direction de Christian Stoffaës Editions Saint-Simon "le libéralisme a été refoulé en France, parce qu’il a perdu. Il doit repartir au combat, cette fois en se coordonnant." Les Echos 09/11/06 http://www.lesechos.fr/info/analyses/4495205.htm Et l’offensive libérale en 2007 a été, en effet, assez bien coordonnée : les français auraient-ils viré du rouge au bleu en deux ans ? Etait-ce le sondage réalisé en 2005 par LH2 qui a provoqué un tel émoi en 2006 ? "Le sondage réalisé par LH2 pour Libération (1) est absolument catégorique : selon le panel interrogé, l’opinion publique rejette le capitalisme à près des deux tiers des voix. Le libéralisme économique ne se porte pas mieux. Le socialisme semble lui (de peu) majoritaire dans le pays (51 % d’opinions positives). Un résultat surprenant, tant la libre entreprise semblait faire consensus. Selon François Miquet-Marty, directeur de LH2 Opinion, ce palmarès « révèle certes la difficulté, déjà connue, de la société française à accepter l’idée de libéralisme économique, mais il désigne surtout l’ampleur du malaise suscité par la notion de capitalisme, alors que ce dernier n’a jamais été mieux établi ». Alors, Marx pas mort ? A entendre certaines réponses, on pourrait le penser. Ainsi, 41 % des interrogés décrivent le capitalisme comme « l’exploitation de l’homme par l’homme », et 45 % comme « l’accumulation des richesses » par un petit nombre de personnes.... . Mais les Français sont en pleine contradiction : ils sont contre le système mais, lorsque l’on ouvre le capital de GDF ou de EDF, les salariés de ces entreprises se ruent sur les actions. » http://www.liberation.fr/page.php ?Article=335983 (Libé 04/11/05) La dernière phrase du journaliste ne manque pas de pertinence : il est bien évident que si les français étaient réellement anti-libéraux ou anti capitalistes, ils ne voteraient pas massivement pour un candidat ultra libéral ou social libéral ! Quelle valeur attribuer à ce genre de sondage ? Pas grand chose, car , même en définissant le capitalisme par l’exploitation de l’homme par l’homme, ce qui n’est déjà pas si mal, cette définition reste largement insuffisante et le mot libéralisme reste trop flou pour une large part de la population qui ne perçoit le libéralisme qu’au niveau des conséquences immédiates. Ces discours, sur l’anti-libéralisme des français est mystificateur : il pourrait faire croire que l’idéologie libérale est absente ou ténue dans les médias : ce seraient l’extrême gauche omniprésente qui aurait gagner la bataille des idées : cela justifie un renforcement de la propagande libérale ; elle conforte les militants anticapitalistes de gauche dans leurs illusions qui les aide à vivre. Il est clair, en réalité, que le nombre de français qui sont anticapitalistes et antilibéraux au sens originel rappelé dans ma contribution, est de l’ordre de 8 à 15 % du corps électoral. L’essorage sémantique exercé sur ces mots par le libéralisme dominant provoque la confusion et masque la réalité idéologique existant dans la tête des gens qu’il est nécessaire de connaître pour pouvoir transformer le monde. L’objectif à atteindre pour la bourgeoisie est que, de l’extrême gauche au PS, les militants puissent dire : "Antilibéralisme" ? Mais c’est un mot fourre-tout ! Il ne veut plus rien, dire !" . Et cela a été la réponse d’un militant de LO qui vendait son journal, lorsque je lui ai posé la question : la cible et l’objectif étaient atteints, et, évidemment, le pauvre gamin ne s’en est pas rendu compte. Non, le mot antilibéralisme a un sens précis, un sens fort, un sens radical et ne constitue pas une variante du réformisme et ne peut s’opposer au mot anti-capitalisme. Cette confusion arrangeant énormément de monde, de l’extrême gauche à l’extrême droite, elle a encore de beaux jours devant elle.

 


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