Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /Sep /2008 18:52
 

Colloque du Centenaire du Parti Socialiste Contre un isolement arrogant - Interview dans Politis -

sept 02

PSYCHOLOGIE ET CONGRES : UNE COMBINAISON OPAQUE

ACTION POLITIQUE, Non classé Ajouter un commentaire

La scène de la gauche du parti socialiste s’encombre de théâtrales mises en demeure. La main sur le cœur paraissent des proclamants émouvants qui me somment de réaliser l’unité immédiate de la gauche du parti et ainsi de suite. Je ne suis pas épargné par les commentaires de psychologues de comptoir. Serait aussi en cause mon caractère quand ce n’est pas mon orgueil. Et tutti quanti. La psychologisation de la politique est l’autre versant de la dépolitisation! Aujourd’hui elle permet encore une fois de faire l’économie de la politique. Psychologie et abscence de mémoire sont les deux sources intarrissables qui alimentent la confusion et l’opacité. Et ce n’est jamais gratuit, bien sûr. 

Notez que je devrais avoir l’habitude. Quand la gauche socialiste éclata, les fins psychologues y virent un effet de mon égo et de celui de Dray. Que Dray parte rejoindre Hollande en transitant par la fondation du NPS et que je me refuse à ce ralliement ne corrigea pas cette rumeur. C’est comme si la politique était un prétexte dans l’existence des militants. Il en alla de même quand je pris mes distances avec « Nouveau Monde » que j’avais créé avec Henri Emmanuelli. Que je sois entré en campagne publique contre le TCE et sur la ligne d’union avec tous les non de gauche sans exclusive tandis qu’il faisait un choix d’observation jusqu’en mars ne parut pas suffisant pour comprendre notre éloignement.  Puis qu’il choisisse de refuser les campagnes communes avec "l’autre gauche" ne parut pas non plus une divergence politique suffisamment explicative. Avait-il raison ? Ou bien moi ? Ou bien aucun des deux ? Personne n’en discute jamais. De nos caractères il est pourtant souvent question. Comme si on faisait des gens qui tiennent bon contre la marée que nous affrontons depuis vingt cinq ans avec des angelots en sucre doux. Ah ! la bonne vieille psychologie ! J’ai trois raisons d’être agacé quoique  parfois très amusé du spectacle, en dépit du côté donneur de leçon sans mémoire  qu’il m’oblige à supporter. Première raison. D’aucuns dans cette cohorte manquèrent sciemment tous les rendez-vous précédents. En particulier celui du congrès du Mans où le rassemblement des partisans du non aurait pu faire la différence décisive. La candidature de Laurent Fabius y fut tout simplement assassinée. Lienneman, Vidalies, Laignel, Moglia, et combien d’autres, venus de tous les courants nous nous étions rassemblés en dépit de nos bien anciennes divergences entre nous et avec Laurent Fabius. Le Nps non. Des pusillanimes quand même un peu conscients couinèrent. Ce fut leur maximum de courage. Pour les rassurer et apaiser aussi notre colère on fit courir la thèse du râteau : «on va ratisser plus large en présentant deux motions différentes ». Et les plus retors ajoutaient avec des clins d’œil « parce que Fabius, tout de même » ! Nous eûmes même à subir des démonstrations compliquées et tarabiscotées qui finirent de rendre l’atmosphère irrespirable. Ainsi quand Gérard Filoche expliquait qu’il fallait d’abord voter NPS pour « peser à gauche sur Fabius ». Peser à gauche avec Montebourg, Peillon et compagnie…. Et c’est au NPS qu’eut lieu le vote pour la synthèse qui entraina la synthèse générale. Pour finir « le râteau » fonctionna surtout comme une matraque sur la tête de la gauche du parti et le camp du non : Peillon, Montebourg, Assouline, firent campagne pour Ségolène. Emmanuelli se mura dans le silence. Hamon devint transparent et s’inscrit aux abonnés absents. Deuxième raison. Parmi ces masques, combien signèrent ou tout simplement répondirent à l’adresse que mon courant, « trait d’union » fit circuler en mai dernier pour l’unité des gauches du parti ? Combien répondirent au courrier personnel qui leur fut alors envoyé ? S’ils ne le firent pas ce n’est pas pour des raisons psychologiques. C’est qu’ils avaient un autre scénario en tête. Un scénario qui ne devait surtout pas s’intituler « de gauche ». C’est celui qui a débouché sur le regroupement des « reconstructeurs » dans lequel la condition initiale posée par les fondateurs était qu’on m’en écarte ainsi qu’Henri Emmanuelli pour ne pas effrayer les strauss kahniens hésitant et autres grands barons de « la ligne claire » à qui je donne légitimement de l’urticaire.

Troisième raison. Toutes ces mises en demeure tiennent de l’envoutement. Car quel genre de gauche me demande-t-on de « rejoindre » immédiatement ? Quel est son périmètre ? Que des journalistes ne sachent rien du passé, même le plus récent et baptise « gauche du parti » ce que leur mémoire d’étourneaux leur permet de noter est une chose. Que des militants politiques chevronnés fassent semblant de sortir de l’œuf, voila ce que je ne suis pas prêt à regarder faire sans mot dire. De quelle "gauche du PS" parle-t-on ? Avec Fabius ? Mais c’est exactement ce dont ils ne voulaient pas au précédent congrès ! Avec Aubry ? Avec Cambadélis ? Admettez qu’il y ait débat. Bref : d’où jusqu’à où ? C’est ma première question et tant que je n’ai pas la réponse qui me convient,  je ne bouge pas d’un mètre de là où je suis avec Marc Dolez. J’en suis d’autant plus convaincu que quelques uns des intéressés, et non des moindres disent ne pas avoir tranché à propos de ce périmètre. Et quand je lis la presse, je ne suis pas rassuré sur leurs intentions. Je sais, bien évidemment, que la presse … Ainsi quand j’apprends dans « Le Monde » qu’Emmanuelli se rapproche de Martine Aubry je n’en crois pas un mot connaissant les intéressés. Et du coup  je flaire le coup de billard à douze bandes. Mais qui en est l’auteur ? Qui veut forcer la main d’Emmanuelli ou bien pousser Martine Aubry à se démarquer ? Je me méfie. Ce panier de crabes ridiculise qui y met seulement une pince ! Il en va de même sur le programme. J’ai dit dans la précédente note ce qui me parait être le socle de principe de base. Pour le reste on se reporte sans difficulté au communiqué commun que nous avons diffusé avec Marc Dolez. Nous sommes sans mystère ni dessous de table. J’aurais pu y ajouter que d’une façon ou d’une autre je refuse de condamner « Die Linke » comme le réclame Gérard Filoche si jamais cette divergence devait être le prétexte trouvé pour nous flétrir. Non, nous ne le ferons pas. Ne serait ce que parce que ce n’est pas un sujet de congrès socialiste. Et parce que nous estimons et respectons Oskar Lafontaine. Enfin parce que nous approuvons son choix en Allemagne. Libre à d’autres de trouver plus moral et « plus à gauche » de vouloir « peser à gauche sur le SPD » qui gouverne avec la droite ! Comme pour des milliers de socialistes, Lafontaine est un modèle de fidélité à soi-même si le PS fait le choix de la ligne démocrate au congrès de Reims. 

Par EMINEM - Publié dans : PS - Communauté : Unissons nous à gauche...
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Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /Sep /2008 16:23
 LE MONDE | 30.08.08 | 15h20

VIEUX-BOUCAU (Landes)


Marie-George Buffet accepte la main tendue par le Parti socialiste. S'efforçant toutefois de poser des conditions, la secrétaire nationale du Parti communiste demande qu'enfin "la gauche organise une riposte" contre la politique du gouvernement mais aussi qu'elle "travaille sur les conditions d'un projet pour porter un vrai changement".

 

Marie-Gorge Buffet devait faire sa prérentrée politique, samedi 30 septembre à Vieux-Boucau (Landes), pour l'université de son parti, en interpellant "l'ensemble des forces de gauche", mais plus particulièrement les socialistes réunis à La Rochelle. Elle a rencontré François Hollande mercredi à l'Assemblée nationale et le reverra lors d'un débat à la fête de L'Humanité, le 13 septembre. À la proposition du premier secrétaire du PS, faite à ses partenaires de gauche le 21 août à Toulouse, de "forums de débat sur l'alternative" et de "construction d'un projet politique commun", la numéro un du PCF a répondu "chiche".

Après son score calamiteux de 1,9 % à la présidentielle, MmeBuffet semble désormais estimer que son parti ne pourra exister sans revenir dans le giron de l'ex-gauche plurielle, pour y jouer un rôle d'aiguillon. "Il faut un rassemblement, une majorité politique et un gouvernement de progrès, mais il faut d'abord en créer les conditions", explique-t-elle au Monde.

"La contestation ne suffit pas" A ses yeux, cette nécessité de répondre à la politique de Nicolas Sarkozy et à la "grande angoisse de la population laborieuse" ne peut réussir que si les forces de gauche – le PS, le PCF mais aussi les Verts – "montrent que le changement est possible avec un projet crédible". Cela nécessite, selon elle, des "actions de riposte" sur les questions qui touchent les Français comme le pouvoir d'achat mais aussi une "alternative" construite sur "les grandes réformes nécessaires pour un nouveau mode de développement soutenable". "Il y a besoin d'un PCF porteur de révolte mais aussi capable de prendre des responsabilités dans la gestion. La contestation ne suffit pas", insiste-t-elle, répondant implicitement à Olivier Besancenot.

La secrétaire nationale n'oublie pas de se tourner vers ses troupes, qu'elle invite à profiter du congrès extraordinaire de décembre pour afficher leur volonté de "construire un parti communiste modernisé dans sa vision du monde et son fonctionnement". Des initiatives estampillées PCF sont prévues, comme une "marche pour le pouvoir d'achat" vers l'Elysée, le 26 septembre. Mais, avant de laisser sa place de secrétaire nationale, Mme Buffet veut persuader ses camarades qu'en discutant avec les autres forces de la gauche, le PCF pourra sortir de sa marginalisation. Elle a trois mois pour les convaincre.

Sylvia Zappi

Par EMINEM - Publié dans : PCF - Communauté : Unissons nous à gauche...
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Lundi 1 septembre 2008 1 01 /09 /Sep /2008 15:49

La question des relations avec le PS est depuis plusieurs années un des principaux sujets de débat dans la gauche antilibérale. Elle a été et demeure un des principaux obstacles au rassemblement de cette gauche antilibérale. La LCR fait du refus de toute alliance gouvernementale ou parlementaire
avec le PS une condition sine qua non pour ce rassemblementet ce sera probablement un élément central de l’identité du futur NPA. Mais d’une manière générale, ce débat traverse toutes les composantes de la gauche antilibérale. Aussi ne pouvons nous faire l’économie de le poursuivre et de
l’approfondir si nous voulons avancer.

Essayons tout d'abord circonscrire le débat. Il y a probablement un consensus général sur trois
points :

-indépendance vis-à-vis du PS,

-opposition à l’orientation sociale-libérale aujourd’hui dominante en son sein,

-recherche néanmoins de l’unité avec celui-ci (front unique) dans les luttes et les mobilisations

chaque fois que cela est possible (ex : contre le CPE).

C’est sur la question des alliances électorales, gouvernementales, parlementaires ou de gestion de
collectivités territoriales (régions, départements, communes) qu’il y a débat et désaccord. Pour la
LCR, aucune de ces alliances n'est aujourd'hui envisageable avec le PS. Pour d'autres formations ou
sensibilités de la gauche antilibérale, il en va différemment. Certains pensent qu'on peut seulement
envisager des alliances au plan local. D'autres que ces alliances sont également concevables au plan
national (gouvernemental ou parlementaire). C'est notamment le cas du PCF. Rappelons toutefois
que les CUAL d’avant l’éclatement de St Ouen s’étaient accordés, PCF compris, sur la position
suivante (texte « Ambition – Stratégie – Candidatures » adopté le 10 septembre 2006 à St Denis) :

« Nous ne serons pas d’un gouvernement dominé par le social-libéralisme qui, dans sa composition
comme dans son projet, ne se donnerait pas les moyens de rompre enfin avec le libéralisme, ne
répondrait pas aux attentes. Le Parti socialiste, notamment, a adopté un programme qui tourne le dos
à une rupture franche avec le libéralisme. Il est hors de question, pour nous, de négocier sur cette
base un contrat de gouvernement dont l’action, décevant une nouvelle fois, déboucherait
inéluctablement sur le retour d’une droite plus dure encore. De même, il est hors de question
d’accepter l’idée proposée par le PS d’une « fédération de la gauche » autour d’une telle orientation. »

Position que, pour sa part, la LCR avait considérée comme inacceptable car elle n’excluait pas
explicitement la possibilité d’une alliance gouvernementale avec le PS.

L’ensemble de la gauche antilibérale doit-elle aujourd’hui reprendre à son compte le point de vue de la
LCR sur cette question ?

Je ne le pense pas, même si ce point de vue semble conforté par le succès actuel du projet NPA et si
le spectacle de la préparation du congrès du PS est particulièrement accablant. Je pense au contraire
que ce point de vue condamne ses défenseurs à la marginalité et à l’impuissance politique.

Derrière cette question des relations avec le PS, il y en a en effet la question plus générale de la
stratégie de transformation sociale et écologique à mettre en oeuvre. Disons pour aller vite que si la
lutte pour transformer la société se mène à différents niveaux (élections, institutions, mobilisations
extra-parlementaires, expérimentations sociales diverses) qu’il nous faut chercher à combiner le
mieux possible, la transformation que nous voulons (rupture fondamentale avec un système
économique fondé sur la recherche du profit privé maximum, remise en cause de toutes les formes de
dominations) passe à un moment ou à un autre par la conquête de majorités électorales dans la
gauche et dans la société.

La réponse de la LCR à une contribution des CUAL publiée dans Rouge en mai dernier est significativement titrée « Avec ou
sans le PS, il faut choisir » (Rouge n°2254 du 29 mai 2008).

Comment conquérir (puis conserver) ces majorités électorales ? Tel est le problème de fond auquel la
gauche antilibérale est confrontée et tel est donc le cadre dans lequel la question de ses relations
avec le PS se pose.

Sur le plan électoral, le PS est aujourd’hui largement majoritaire à gauche. La gauche antilibérale ne
le deviendra qu’en gagnant à elle une large fraction des électeurs, des sympathisants et des militants
de ce parti. Mais elle ne pourra le faire qu’en leur proposant des perspectives de changement
crédibles, c'est-à-dire des perspectives de victoires électorales contre la droite au pouvoir débouchant
sur un gouvernement et une majorité parlementaire de gauche décidée à mener enfin une politique
favorable aux intérêts du plus grand nombre (salariés, chômeurs, retraités, jeunes en formation,
etc...).

Un très grand nombre d’électeurs, de sympathisants et de militants du PS sont prêts à adhérer à un
projet de gauche antilibéral. Certains à la gauche de ce parti en partagent déjà l’essentiel. Nous avons
pu vérifier cela lors de la campagne contre le TCE. La victoire du Non n’aurait pas eu lieu sans le
ralliement d’une grande partie de l’électorat socialiste, sans l’engagement en faveur de celui-ci de
nombre de ses militants et de certains de ses dirigeants. Le fait que tant d’électeurs socialistes aient
choisi de voter Non en 2005 contre l’avis de la direction du PS démontre qu’il existe de ce côté-là un
potentiel antilibéral massif. Rien ne permet de penser que ce potentiel antilibéral ait disparu et ne
puisse pas être réactivé demain dans d’autres circonstances.

Un très grand nombre d’électeurs, de sympathisants et de militants du PS sont donc sensibles au
discours de la gauche antilibérale. Mais, même pour les plus antilibéraux d’entre eux, ils ne sont
généralement pas pour autant décidés à rompre avec le PS. Pourquoi ? Parce que, bon an mal an, et
malgré tous les défauts qu’ils lui trouvent, le PS leur apparaît comme le seul outil crédible contre la
droite sur le terrain électoral. A tort ou à raison, ils ne lâcheront pas cet outil tant qu’un autre ne leur
paraîtra pas plus efficace de ce point de vue.

Comment espérer les en convaincre et les gagner à nous si nous disons comme la LCR qu’aucune
entente n’est possible avec le PS ? Ni aujourd’hui, ni demain (2012). Car, qu’on le veuille ou non,
dans les rapports de force actuels, dire cela équivaut à dire qu’il n’y pas de victoire possible contre la
droite et qu’il n’y a pas de gouvernement de gauche possible. Ni aujourd’hui, ni demain (2012). C’est
dire à l’électorat de gauche qu’il est battu d’avance et qu’il peut d’ores et déjà se préparer à en
reprendre pour cinq ans. C’est dire qu’il n’y a aucune possibilité de chasser Sarkozy et son
gouvernement du pouvoir et qu’on ne peut rien faire de plus que de résister pour limiter la casse. A
moins de penser – mais qui pourrait y croire ? – que la gauche antilibérale serait en mesure,
aujourd’hui ou demain (2012), d’être majoritaire à elle seule dans le pays.

Dire aujourd’hui qu’aucune entente n’est possible avec le PS, c’est de fait tourner le dos à ces
centaines de milliers d’électeurs, de sympathisants et de militants socialistes qui aspirent à une vraie
politique de gauche, mais qui veulent d’abord se donner les moyens de battre la droite, dans les
communes, les départements, les régions et au plan national. Comment espérer qu’ils nous rejoignent
un jour si nous commençons par tourner le dos au parti dans lequel ils se reconnaissent, fût-ce d’une
manière critique (et on sait que c’est souvent le cas) ?

Certains militants de la gauche antilibérale défendent aujourd’hui l’idée que le PS ne serait plus de
gauche. Admettons-le une seconde. Mais qu’en est-il de ces centaines de milliers d’électeurs, de
sympathisants et de militants socialistes ? Sont-ils de droite ? La gauche ne pèserait-elle que 10%
dans le pays ? Non, ces centaines de milliers d’électeurs, de sympathisants et de militants
socialistes sont de gauche, ils partagent globalement les mêmes valeurs et les mêmes aspirations que
nous, nous les retrouvons dans de nombreux combats, dans le mouvement syndical, dans le
mouvement associatif. Au-delà de la caractérisation du PS, c’est cela qui est important et que nous
devons prendre en compte pour définir une politique vis-à-vis de ce parti.

Si nous prenons cela en compte, si nous voulons non pas tourner le dos mais tendre la main à ces
centaines de milliers d’électeurs, de sympathisants et de militants socialistes, alors le discours qui
proclame qu’ « aucune entente n’est possible avec le PS » est véritablement intenable. C’est en vérité
la posture inverse qu’il faudrait tenir. S’il s’avérait qu’aucune entente ne soit possible avec le PS, ce
serait à lui de le dire, pas à nous. Ce serait à lui de refuser nos propositions d’entente et pas à nous
de nous refuser à les faire. Ce serait à lui de dire, le cas échéant, qu’il préfère s’allier avec le MODEM

qu’avec la gauche antilibérale. Mais comment dénoncer cette alliance avec le MODEM si nousmêmes
disons au PS qu’aucune entente n’est possible avec nous ?

C’est pourquoi, loin de tenir ce discours, nous devrions dire au contraire que nous voulons un
rassemblement de toute la gauche sur un programme de rupture avec le libéralisme (partage des
richesses, développement des services publics, renforcement de la protection sociale, révolution
énergétique, lutte contre les OGM, égalité des droits, régularisation des sans-papiers, paix et
coopération internationale, etc...). Nous devrions nous adresser à toute la gauche, interpeller toutes
ses composantes (PS compris), mener une bataille politique au sein du peuple de gauche pour dire :
assez de Sarkozy, assez de ce libéralisme destructeur, unissons-nous pour en finir avec la droite et sa
politique en mettant en oeuvre un vrai projet de transformation sociale et écologique. Cela mettrait
beaucoup plus le PS en difficulté que de proclamer que nous ne voulons pas nous allier avec lui. Ses
militants, ses sympathisants, ses électeurs, nous écouteraient davantage et se détacheraient plus
facilement de lui si il choisit (ce qui est le plus probable) de persister dans son orientation sociallibérale,
voire de l'aggraver en s'alliant ouvertement avec le MODEM dans les années qui viennent.

Gardons cependant à l’esprit que, si cette hypothèse (poursuite/aggravation de l’orientation socialelibérale)
est la plus probable, elle n’est pas certaine. L’histoire n’est pas écrite d’avance. Des
circonstances (mobilisations sociales, aggravation de la crise économique…) peuvent pousser le PS à
gauche. Ce ne serait pas la première fois dans l’histoire. Cela a été le cas après Mai 68 où le PS,
droitier et marginalisé (5% à la présidentielle de 69), s’est reconstruit sur une ligne de gauche
(programme commun PS/PC) jusqu’à apparaître comme le champion de l’union (c’est d’ailleurs ainsi
qu’il a réussi à surpasser électoralement le PCF qui était jusqu’alors loin devant lui).

Dans le cadre de ces batailles pour le rassemblement de toute la gauche sur un programme
antilibéral, reste ensuite à se déterminer par rapport à des possibilités d’alliances ou d’accords
effectifs avec le PS au niveau local ou national. Mais c’est un autre problème. Tout accord est un
compromis dont l’intérêt s’apprécie en fonction de l’analyse de la situation (et notamment du rapport
de force) dans lequel on se trouve. Le compromis peut être bon ou mauvais. C’est à chaque fois un
débat particulier. Pour prendre un exemple historique, le compromis politique qui s’est fait à la
Libération a permis, sans sortir du capitalisme, ni de l’économie de marché, des avancées sociales
fondamentales que nous défendons aujourd’hui comme la prunelle de nos yeux. C’est sans doute qu’il
n’était pas foncièrement mauvais.

C’est d’autant plus vrai que les cas de figures et les possibilités sont multiples, qu’on peut concevoir
des alliances avec des degrés de liberté plus ou moins importants, qu’on peut par exemple participer
à une majorité municipale dans un groupe autonome et sans voter toutes ses décisions, ou voter la
confiance à un gouvernement sans y participer et même en s’opposant à lui sur certains votes
parlementaires. Là aussi, c’est une question d’appréciation liée à des situations concrètes. L’important
étant d’exploiter toutes les possibilités de faire avancer nos objectifs fondamentaux et de faire
obstacle aux politiques que nous combattons.

En résumé, si l’indépendance vis-à vis du PS et la nécessité d’une lutte politique résolue contre le
social-libéralisme ne se discutent pas, on ne saurait automatiquement en déduire que toute possibilité
d’alliance avec le PS doit être rejetée par avance. Sous couvert de radicalité, cette posture n’aboutirait
en effet, et a contrario de son objectif, qu’à renforcer ce parti en lui permettant de continuer à
apparaître comme la seule perspective crédible face à la droite.

Ce n’est pas en mettant des barrières à l’intérieur de la gauche que la gauche antilibérale sortira de la
marginalité. Il y a certes bien d’autres conditions à remplir (avancer sur le projet, le programme, le
type d’organisation, la communication, l’intervention dans les luttes et les différents milieux, etc…),
mais il s’agit là d’un enjeu essentiel pour son devenir.

Aix en Provence, le 31 août 2008.

C’est d’ailleurs ce qui s’est passé entre 78 et 81 quand l’Union de la Gauche était mise en cause par le PCF (au point de pratiquer le vote « révolutionnaire » pour Giscard au second tour de la présidentielle de 81). C’est d’ailleurs ce tournant sectaire du PCF qui marque le début de son déclin et accélère la conquête de l’hégémonie à gauche par le PS.

 

Par EMINEM - Publié dans : Collectifs Unitaires Anti Libéraux - Communauté : Les antilibéraux
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Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 19:03
Le dernier avatar du "moustachu" ne m'étonne pas dans la mesure où nous
avions pu l'observer lors de la campagne des présidentielles, et constater
 le peu d'épaisseur politique du personnage ... et la réalité de ses
amitiés sociales-libérales fortes ; qu'il rejoigne maintenant les
"figures" de proue du capitalisme vert pour un grand raout électoral, rien
de plus normal pour cet habitué du grand "magic circus" médiatique !

Dany Cohn-Bendit, Nicolas Hulot, Corinne Lepage et José Bové, ça peut
paraître surprenant comme attelage au premier abord, mais il y a une
certaine cohérence en tout cas ... même si "notre" José cultive sa
radicale qualité (son fond de commerce) et trompe son monde sur ses
intentions finales.

En fait, ça va arranger les affaires du camarade Besancenot qui va pouvoir
compter sur les "nouveaux" déçus du fans club du berger du Larzac et
engranger pour le NPA (LCR nouvelle formule) ; ses copains du PS se
frottent les mains également car ce "pôle" écolo c'est du pain bénit pour
la constitution d'un front anti-Sarko pour 2012 : tout bouge pour que rien
ne change !

Il devrait être présent aux journées de l'écologie radicale à Miremont
(63) en fin de semaine et cela s'annonce assez "sportif", surtout avec le
"background" des objecteurs de croissance remontés comme des pendules par
l'ami Sunt ; le père José devra être plus fin que lors de SA campagne de
2007 ... je ne garanti pas qu'il reste jusqu'au bout ... si il vient !

Maintenant, il s'agit de construire une alternative politique Rouge et
Verte, peut-être autour de l'Appel POLITIS, pour ne pas continuer à voir
notre réalité se dégrader et conserver l'espoir d'autres possibles ; une 2
ème réunion aura lieu à Vannes, peut-être le 10 septembre ?
Il est plus que temps pour celles et ceux qui refusent la "fin de
l'Histoire", de se regrouper et faire émerger un nouveau projet ... de
Gauche !

Par EMINEM
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Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 17:15

Parce que nous sommes internationalistes, nous avons fait, avec Jaurès, le rêve d’une Europe où les peuples vivent en amitié, après des siècles de guerres civiles européennes. Mais ce rêve est devenu un cauchemar lorsque certaines chancelleries ont favorisé l’éclatement de la Yougoslavie et de la sorte un règlement violent du conflit.

Parce que nous sommes les enfants de l’Europe des Lumières, nous avons fait le rêve d’une Europe qui soit une communauté de valeurs. Ce rêve devient un cauchemar chaque fois que nous vérifions qu’il ne s’agit que d’une communauté d’intérêts ou, pour le dire avec les mots de Pierre Bourdieu, une Europe des banquiers et des hommes d’affaires.

Parce que nous sommes porteurs de l’espérance qu’ont fait naître celles et ceux de 1789, de 1793, de 1848 et de 1871, nous avons fait le rêve d’une Europe démocratique qui soit autre chose que la caricature de démocratie que nous connaissons au niveau national. Ce rêve est devenu un cauchemar avec une Union européenne qui ne respecte aucun des principes de base de la démocratie : pas de séparation des pouvoirs, pas de justice indépendante, pas de parlement pleinement législateur, pas d’exécutif responsable. Ce que certains appellent « déficit démocratique » c’est tout simplement l’absence de démocratie. Nous pouvons changer le maire de notre commune, nous pouvons changer le président de notre région, nous pouvons changer - c’est même fortement recommandé - le président de la République. Nous ne pouvons pas changer la Commission européenne. Et sauf à changer dans le même sens et en même temps 27 gouvernements, nous ne pouvons pas changer le Conseil des Ministres, l’organe suprême de la décision européenne. Avec la Commission européenne, nous atteignons le degré le plus poussé de la délégation, au point qu’il ne reste plus rien de la souveraineté que détient chaque citoyen avec le suffrage universel. L’Union européenne, c’est la négation du principe arraché en 1789 : tous les pouvoirs émanent du peuple.

Parce que, comme Jaurès et d’autres penseurs du socialisme, nous refusons de dissocier émancipation politique et émancipation sociale, nous avons en même temps que celui d’une Europe démocratique, fait le rêve d’une Europe sociale, d’une Europe de la solidarité, d’une Europe cohérente avec les valeurs dont elle se prétend porteuse. Ce rêve n’est qu’un cauchemar puisqu’il n’y a pas d’Europe sociale, puisque de Delors à Barroso, tout a été mis en œuvre pour qu’il n’y en ait pas. L’actuel président en exercice des institutions européennes l’a dit clairement à la veille de son entrée en fonction : les questions sociales ne relèvent pas de l’Union européenne. Le rêve d’une Europe de la solidarité, sans doute fondé sur une lecture distraite du traité de 1957, est devenu un cauchemar lorsque Jacques Delors, avec l’Acte unique européen de 1986, a décidé d’activer la disposition de ce traité relative à la « liberté d’établissement et de circulation des personnes, des biens, des capitaux et des services ». Ce qui signifie qu’ils circulent dans le cadre d’une concurrence libre et non faussée et que doit disparaître toute disposition constitutionnelle, légale ou réglementaire qui, dans un Etat membre, privilégierait d’autres priorités que celles du profit. Comme, par exemple, des priorités démocratiques, sociales ou écologiques.

Parce que nous avons fait le rêve d’une Europe européenne, fondée sur des valeurs qui nous sont propres, nous avons espéré une Europe renonçant à la société du gaspillage et privilégiant d’autres manières de consommer que celles pratiquées aux USA. Nous avons fait le rêve d’une Europe respectueuse de la santé de ses habitants et de leur cadre de vie, une Europe soucieuse d’établir des rapports nouveaux entres les humains et la nature. Ce rêve n’est qu’un cauchemar puisque l’Union européenne écoute d’abord ceux qui polluent et empoisonnent et organise l’exploitation et des hommes et de la nature.

Je pourrais allonger cette liste d’exemples où nous sommes, à propos de l’Europe, passés du rêve au cauchemar. Je pourrais expliquer ce que l’Europe n’est pas - elle n’est pas un facteur de paix ; elle n’est pas un frein à la globalisation ; elle n’est pas respectueuse de la souveraineté des autres peuples dans le monde - mais je crois que l’énoncé de ce qui précède suffit pour conclure : il n’y a pas de construction européenne ; il n’y a que de la destruction des acquis démocratiques et sociaux. En entrant dans le 21e siècle, l’Union européenne nous ramène au 19e, au capitalisme le plus sauvage où les femmes et les hommes sont mis en concurrence entre eux.

Alors, me direz-vous, pourquoi s’engager dans le débat européen ? Pourquoi ne pas sortir de l’Europe comme certains le demandent ? Parce que l’autarcie est une utopie dangereuse. Aucun peuple ne peut survivre durablement dans l’autarcie. Parce que la France n’est pas une oasis au milieu d’un désert, ni une île au milieu de l’océan. Et enfin et surtout, parce que si nous ne nous occupons pas de l’Europe, en tout état de cause, l’Union européenne s’occupe de nous. Ce qui se décide à Bruxelles anticipe ce qui se décide ensuite à Berlin, Madrid, Paris ou Rome. La destruction des services publics, le démantèlement du droit du travail, la privatisation de la santé comme celle de l’éducation, ce sont, avant d’être des projets français, des décisions européennes qui, faut-il le rappeler, étaient déjà inscrites dans les accords de l’Organisation Mondiale du Commerce. Nous pouvons déserter le champ de bataille européen. Mais sachons que nous nous condamnons alors à toutes les défaites.

L’actualité nous confronte à deux temps forts : la présidence française de l’Union européenne et le renouvellement du Parlement européen.

Sur la présidence française, nous avons un travail important : opposer la pédagogie à la propagande ; expliquer que ce qui se fait, n’est pas ce qui se dit ; dénoncer les choix réels qui sont l’inverse du discours dominant. A chaque propos de Sarkozy ou de Kouchner, nous avons à rétablir la vérité des faits.

Sur l’élection européenne, je voudrais d’abord dire ceci : il ne sert à rien d’élire des députés si ceux-ci se laissent engourdir par la terrible machine à niveler qu’est le Parlement européen. Le champ institutionnel n’est pas celui que nous privilégions ; c’est celui de la droite. Si nous y allons, c’est pour pratiquer une opposition résolue à cette Europe des marchés et des marchands, à cette Europe du traité constitutionnel européen que nous avons combattu.

Nous inscrire dans la campagne électorale n’a de sens que si nous nous engageons sur 5 points :

  • a. nous engager à construire dès avant même la campagne un réseau européen porteur de la même analyse et des mêmes propositions ; nous ne changerons pas l’Europe tout seuls ;
  • b. nous engager à dénoncer inlassablement cette Europe qui n’est ni démocratique, ni sociale, ni écologique ;
  • c. nous engager à refuser de participer au consensus mou et à dénoncer l’unanimisme de façade de la sainte alliance des chrétiens démocrates et des sociaux démocrates, des libéraux de droite et des libéraux de gauche. L’opposition de celles et ceux que nous élirons devra être une opposition de combat ;
  • d. nous engager à combattre toutes les propositions de la Commission qui accentuent l’Europe néolibérale, cette Europe qui donne tous les pouvoirs aux firmes privées et ne conçoit pour les Etats qu’un rôle répressif ; refuser toute extension des pouvoirs de la Commission européenne ;
  • e. nous engager à promouvoir les 9 objectifs suivants :
  1. exiger l’abrogation des traités existants et réclamer la rédaction par les voies les plus démocratiques d’un texte constitutif d’une Europe démocratique, sociale, écologique et solidaire des peuples du monde ;
  2. exiger l’harmonisation par le haut des droits démocratiques et sociaux ;
  3. interdire toute forme de dumping fiscal et social ; créer un smic européen ;
  4. instaurer la citoyenneté de résidence et le droit du sol ;
  5. instaurer une absolue égalité entre la femme et l’homme et généraliser le droit à l’avortement libre et gratuit dans tous les pays ;
  6. instaurer le principe de laïcité, c’est-à-dire la liberté des cultes et la séparation de l’espace public et des communautés confessionnelles ;
  7. interdire toute privatisation du vivant, imposer un moratoire sur les OGM, mettre fin au nucléaire militaire et reconvertir le nucléaire civil ; privilégier les énergies renouvelables et les transports en commun publics ;
  8. abolir totalement la dette des pays pauvres, renoncer définitivement à toute pratique néocoloniale, s’engager à supprimer ou à réformer la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et l’Organisation Mondiale du Commerce ;
  9. dissoudre l’OTAN et organiser la participation de l’Europe à un ordre mondial basé non pas sur le droit de la force, mais sur la force du droit.

En 2009, il nous faut faire campagne dans toute l’Europe pour y porter cette indispensable révolution dont dépend le bonheur des peuples. Je parle de révolution parce que, nous nous en rendons bien compte, la Commission européenne, c’est la nouvelle Bastille à renverser.

* introduction au débat consacré à l’Europe lors de l’université d’été de la LCR/NPA, à Port-Leucate, le 24 août 2008

Par EMINEM - Publié dans : Raoul Marc Jennar - Communauté : LES ALTERMONDIALISTES
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Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 16:41

Une confidence : je ne suis absolument pas douée en informatique… Moralité, je ne comprends rien aux dysfonctionnements en cours sur ce blog. J’ai cru avoir été piratée, n’ai pas remis la main sur mes codes… Bref ! Il semble que là, vous allez pouvoir lire ce “post” et peut-être tous vos commentaires pourront-ils être prochainement publiés… En tout cas, sachez qu’on y travaille !

Cette longue absence sur la toile fut pour moi le temps de bonnes vacances (veinarde que je suis !) et surtout d’une réflexion politique sur la situation actuelle, sur le champ des possibles pour faire vivre une gauche de gauche. Un temps mis à profit pour prendre la mesure de la situation nouvelle, difficile, dans laquelle nous nous trouvons… Depuis l’échec de la candidature unitaire - échec dont j’ai toujours pensé qu’il aurait de très graves conséquences sur la recomposition d’une gauche d’alternative -, la droite sévit et le Parti socialiste n’a pas de boussole pour s’opposer. Je suis remontée comme un coucou contre cette situation, désireuse de me battre ici et maintenant contre les mauvais coups portés par le gouvernement. Vous pourrez d’ailleurs lire ci-dessous une tribune que j’ai écrite, parue dans Libération hier, sur le RSA. Je ressens l’urgence de l’action, de l’inscription dans des cadres collectifs qui permettent concrètement de donner de la voix à gauche. Un peu comme si l’existence même d’une gauche digne de ce nom était en jeu...

Avant l’été, j’ai signé l’appel de Politis parce qu’il a le mérite de maintenir le cap d’une nécessaire convergence de toutes les forces, aujourd’hui éparpillées, de la gauche d’alternative. J’ai toujours milité pour que convergent ses différentes cultures et traditions pour faire du neuf et bâtir un front large. Cette perspective n’est pas prête de me quitter car je la crois toujours juste et utile. La difficulté, c’est que je ne me sens pas de continuer inlassablement à attendre sur le bord du chemin, comme une spectatrice, que toutes les composantes structurées de cet espace se mettent d’accord. Or, les forces en présence ne sont pas sur le point de s’entendre… Le PCF, qui avait un rôle déterminant à jouer pour permettre une recomposition de la gauche radicale, est aujourd’hui replié sur lui-même, inaudible, incapable de prendre une initiative politique, continuant à perdre des forces et à se perdre sur le fond et la stratégie. José Bové et la gauche des Verts semblent prêts s’allier, au moins le temps d’une élection européenne, avec… Daniel Cohn-Bendit et les amis de Nicolas Hulot - un trio dont la cohérence me paraît franchement étrange. Cap donc sur les enjeux environnementaux, loin du projet plus global porté notamment dans le cadre des collectifs antilibéraux et de toute clarté sur les enjeux économiques. Quant à la gauche du PS, elle n’est visiblement pas sortie de l’auberge. Jean-Luc Mélenchon n’a pas signé l’appel Politis et ne semble pas sur la voie du départ. Dont acte.

Les seuls de notre espace à prendre une initiative, à faire une proposition politique nouvelle, à susciter de la dynamique et non du désespoir, à donner de l’écho aux idéaux de gauche, c’est aujourd’hui la LCR. Fort de sa popularité et de son impact dans le débat public, Olivier Besancenot avance, tend la main et lance, avec la LCR, un processus de constitution d’un nouveau parti anticapitaliste (NPA). J’ai dit publiquement et écrit (notamment dans un texte publié sur le site de la revue Mouvements) les limites et les écueils potentiels d’une telle initiative, la possibilité qu’il ne s’agisse in fine que d’une LCR élargie alors que j’ai la conviction qu’il est possible et surtout souhaitable de faire plus neuf et plus large. La peur n’évite pas le danger… Et le plus sûr moyen de rétrécir le champ du NPA, c’est que toutes les sensibilités et personnalités proches, potentiellement concernées, désertent l’initiative. C’est donc dans un état d’esprit constructif qu’avec Frédéric Lebaron, Luc Boltanski, Michel Onfray, Arnaud Viviant et Elisabeth Claverie, nous avons entamé - via Le Monde à ce stade, une rencontre doit prochainement avoir lieu - un dialogue avec le NPA. En mettant en avant deux préoccupations. D’une part, la nécessité de s’adresser à tous les courants politiques constitués qui se réclament de la gauche de transformation afin de mêler les cultures et sensibilités politiques, d’éviter que le NPA ne se construise qu’à partir de la tradition trotskyste et d’emporter ainsi le plus d’énergies possibles. D’autre part, l’importance de ne pas figer le débat sur le pouvoir et la conception du processus révolutionnaire

La dissolution de la LCR, prévue avant la fin de l’année, est acte politique important. D’ailleurs, certains membres de la Ligue s’inquiètent de ce que sera la nouvelle organisation, notamment au regard de la diversité des nouveaux venus dans le NPA. A ma connaissance, deux points bornent l’ouverture du processus : le parti pris anticapitaliste et l’indépendance avec le PS.  En accord avec cette base, désireuse d’agir et consternée par l’atonie des autres grands courants politiques de notre espace, j’ai décidé de participer aux réunions du comité NPA de Montreuil, où j’habite, et d’engager le dialogue nationalement avec le NPA. Ni plus, ni moins à ce stade. Je me sens donc partie prenante du processus, venant là avec mon histoire et ma sensibilité, mes préoccupations d’unité de toute la gauche de transformation, avec ma volonté de travailler dans un cadre collectif, avec ma rage de combattre la droite ultra-libérale et autoritaire, mon énergie pour soutenir les luttes sociales, avec mon désir de contribuer à réinventer et ré-enchanter à gauche. Je conçois le NPA d’aujourd’hui comme une étape vers un rassemblement plus large, soucieuse que l’effervescence actuelle (comme j’ai pu le constater à l’université d’été de Port-Leucate !) débouche sur un mouvement politique durable. Que feront les communistes unitaires, les Alternatifs ou les collectifs antilibéraux, notamment, dans les mois et années qui viennent ? Que feront tous ces militants et militantes, socialistes, communistes, écolos, qui ne se retrouvent pas dans l’orientation de leur organisation ? Et tous les sympathisants désireux de s’engager pour que vive une gauche digne de ce nom dans ce pays ? De nombreuses forces ne se sentent pas, pour l’instant, concernées par le processus de NPA. C’est pour moi source d’interrogations et de préoccupations.

Qu’en pensez-vous ? Comment voyez-vous la manière d’être, aujourd’hui, le plus efficace à gauche ?

A très bientôt,

Clémentine Autain

Par EMINEM - Publié dans : NPA - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /Août /2008 12:52

Entretien avec Florence Johsua, doctorante au Centre de recherches politiques de sciences po (Cevipof)
LE MONDE | 23.08.08 | 14h14  •  Mis à jour le 23.08.08 | 14h14

Dans une étude publiée en décembre 2007, vous souligniez que la percée électorale d'Olivier Besancenot à la présidentielle de 2002 s'était traduite par un changement de profil des nouvelles recrues de la LCR. Cette tendance s'est-elle confirmée après 2007 ?

Le visage militant de la LCR s'est profondément modifié depuis 2002. La frange la plus importante des adhérents est désormais composée de "primo-militants", c'est-à-dire de personnes n'ayant jamais fait de politique. Ce rajeunissement s'est poursuivi après la présidentielle de 2007. La LCR a désormais une pyramide des âges inversée par rapport aux partis comme le PCF ou le PS : près d'un quart de ses militants ont moins de 30 ans et la moitié moins de 40 ans.

Sa composition sociale a aussi profondément changé. La LCR attire des couches plus populaires qu'auparavant, avec une part importante de personnes en contrat précaire (CDD, intérim ou en stage). La catégorie qui a explosé est celle des employés, qui compte désormais pour 25 % des effectifs - quasiment autant que les professeurs (28 %). Ce "tournant employé", comme je l'ai nommé, s'est accentué depuis deux ans. le parti attire les jeunes actifs déclassés, ces catégories populaires qu'on retrouve dans les études d'opinion favorables à Olivier Besancenot.

Quel est le profil politique de ces nouveaux militants ?

C'est une population révoltée, rejetant violemment la société dans laquelle ils vivent. Leur préoccupation première, c'est la justice sociale. Dans leur discours revient la volonté que tout le monde ait à manger, puisse se loger... Des revendications concrètes, à court terme.
C'est la gauche ouvrière. Ils ne viennent pas vers la LCR ou aux comités pour un nouveau parti anticapitaliste en attente du Grand Soir, mais pour changer le système le plus vite possible. Leur horizon de militantisme est assez court. Ces jeunes recrues n'ont aucune formation ni culture politique. Ils débarquent avec leur révolte brute.

Que veulent-ils ?
Ils ont des attentes extrêmement fortes d'efficacité immédiate. Le parti doit tout pouvoir prendre en charge et intervenir sur tous les terrains. Il est à la fois syndicat, association et parti politique.

Pour ces militants, la gauche, c'est eux. Ils haïssent le Parti socialiste, accusé de ne plus être de gauche ; quant au PCF ou aux Verts, ils ne font pas partie de leur champ de vision. S'ils se tournent vers la LCR, c'est qu'elle est la seule organisation qui défende une rupture radicale, qui ait une identité révoltée, à leur image.
Ces nouveaux militants sont impatients et veulent être sur tous les fronts. C'est un défi pour la LCR, qui va devoir trouver un mode de fonctionnement et un langage adaptés à ce public.

Propos recueillis par Sylvia Zappi
Article paru dans l'édition du 24.08.08

Par EMINEM - Publié dans : LCR - Communauté : Communauté de l'opposition
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Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /Août /2008 11:53
LE MONDE | 23.08.08 | 14h14  •  Mis à jour le 23.08.08 | 17h42

Les voyants sont passés au rouge pour l'économie française, et cela fait l'affaire d'Olivier Besancenot. Sur fond de fortes inquiétudes sociales, le leader de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) caracole dans les sondages et son aura politique à gauche ne cesse d'augmenter. C'est donc avec une "pêche d'enfer" que le porte-parole de la LCR dit aborder sa rentrée politique à Port-Leucate (Aude), pour l'université d'été de son organisation, qui se déroule du 23 au 26 août. La dernière avant la création, fin janvier, du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), qui vise à regrouper plus largement la gauche radicale.

Le baromètre de Paris Match, réalisé par l'IFOP le 17 juillet, lui donnait 62 % de bonnes opinions. Un score encore en hausse de 2 points par rapport au précédent. Plus impressionnant, le nombre d'"excellentes opinions" grimpe à 10 %. L'institut estime aujourd'hui que son espace électoral progresse et atteint 7 % à 8 % des intentions de vote.
La crise de leadership au Parti socialiste ne fait que renforcer la sympathie envers le jeune postier. Selon le dernier sondage IFOP sur l'image du PS, paru dimanche 17 août, plus de la moitié des Français (52 %) estiment que le parti ne s'oppose pas suffisamment au gouvernement. Et dans le choix des alliances possibles, ils sont 18 % à estimer que les socialistes devraient s'entendre avec Olivier Besancenot. "Face à la politique de Nicolas Sarkozy, vécue comme revancharde, une partie de l'électorat PS estime qu'il faut s'opposer plus frontalement. Le discours de Besancenot peut rencontrer un écho grandissant", observe Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l'IFOP.

LA RECETTE A PAYÉ

Les inquiétudes des Français sur le pouvoir d'achat et l'emploi créent un terreau politique favorable. "Avec les factures à payer en septembre et la vague de pessimisme qui gagne les Français, le mécontentement social va grandir dans l'électorat de gauche", pronostique M. Fourquet. C'est sur ce terrain qu'Olivier Besancenot entend mener l'offensive : "Les licenciements reprennent de plus belle, les salaires sont bloqués, la privatisation de La Poste est en marche... La rentrée ne sera pas un long fleuve tranquille pour Sarkozy", assène-t-il. Lors de son meeting à Port-Leucate, samedi 23 août, l'ancien candidat à la présidentielle devait mettre l'accent sur les conséquences de la crise qui s'installe : "Qui va payer le prix de la récession ? Les jeunes salariés, les chômeurs, les retraités, les plus faibles", explique-t-il. Un discours radical qui séduit de plus en plus.
Depuis un an, on a vu Olivier Besancenot partout où des usines fermaient, où des grèves pour les salaires et les conditions de travail se déclenchaient. La recette a payé, estiment les dirigeants de la LCR.
"Olivier apparaît comme le seul résistant à gauche, à l'écoute des salariés qui étouffent", juge François Sabado, membre de la direction nationale. La "Ligue" entend montrer qu'elle sera là, "partout où les boîtes ferment et où les salariés luttent" pour "préparer un mouvement d'ensemble avec des blocages d'entreprises".
Une campagne sera lancée dès septembre pour réclamer une augmentation du smic de 300 euros et "l'arrêt des licenciements". Les amis d'Olivier Besancenot veulent ainsi "continuer à faire la démonstration qu'(ils sont) les plus efficaces face à ce gouvernement". "Nous avons besoin d'une gauche digne de ce nom qui ne s'excuse pas d'être anticapitaliste et de vouloir changer le monde, insiste M. Besancenot. Un des principaux atouts de Sarkozy, c'est qu'il a une gauche défaillante."
"Nous allons continuer à montrer notre utilité politique immédiate et construire le nouveau parti", explique Pierre-François Grond, membre du bureau politique. Les dirigeants de la LCR ne doutent pas de leur succès, après la création du NPA fin janvier.
L'affluence à Port-Leucate semble leur donner raison. Près de 1 400 personnes sont attendues cette année, du jamais vu dans l'histoire de l'organisation. L'attirance semble aussi réelle dans les réunions des comités pour le NPA. "Dans le vide sidéral à gauche, il y a une vraie curiosité pour cette initiative", reconnaît Christian Picquet, principal animateur de la minorité opposée à cette ligne.
Des figures de la gauche radicale commencent à manifester leur intérêt. Clémentine Autain, ancienne adjointe au maire de Paris, dit "envisager sérieusement" de rejoindre le NPA. L'altermondialiste Raoul-Marc Jennar a franchi le pas. Le philosophe Michel Onfray et le sociologue Christophe Boltanski s'interrogent. Il reste cinq mois à la "Ligue" pour arriver à conserver cet enthousiasme militant.

Sylvia Zappi

DE LA LCR AU NPA

28 ET 29 JUIN.
La LCR lance la première coordination nationale des comités pour un "nouveau parti anticapitaliste" à Saint-Denis. Près de 900 délégués mettent en place un comité d'animation où sont représentés à parité les cadres de la LCR et des non militants.

23 AU 26 AOÛT.
Université de la LCR à Port-Leucate (Aude). Quelque 1 500 personnes sont attendues pour discuter des contours du nouveau parti.

FIN JANVIER 2009.
Congrès de dissolution de la LCR, suivi par le congrès de fondation du nouveau parti anticapitaliste. Le nom définitif de l'organisation n'est pas encore arrêté. Les dirigeants de la LCR déclarent attendre plus de 10 000 militants ; ils sont 3 500 à la "Ligue".

Article paru dans l'édition du 24.08.2008

   
Par EMINEM - Publié dans : Besancenot - Communauté : Unissons nous à gauche...
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Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /Août /2008 11:37

Le journal régional "Sud-Ouest" du Vendredi 22 Aoùt consacre presqu' une page aux propos d'Olivier Besancenot, sous le titre "La gauche doit être soudée face à la droite". Mais il précise qu'il s'agit pour lui de développer "une opposition sociale avec une mobilisation importante" . Et de préciser que "le problème, c'est qu'elle doit trouver un débouché politique et c'est bien notre idée de NPA"

Cependant, à une des questions posées:" Un débouché, ça veut dire aussi accepter de conquérir le pouvoir par les élections en s'alliant à d'autres formations?", il répond clairement "Ce pouvoir-là, nous le contestons, parce qu'il ne permet pas aujourd'hui de changer la société. Il enivre des responsables politiques qui y ont pris goût, mais c'est un théatre d'ombres, où les responsables ne font qu'entériner ce que décide le vrai pouvoir, qui est économique. Pour aller à l'essentiel, nous proposons à toute la gauche d'être soudée pour s'opposer face à la droite dans les luttes et dans l'action. Et quand il s'agit de faire des propositions à gauche, nous revendiquons notre indépendance face à la directiion du PS (...) Et de proposer, pour les élections européennes "la possibilité de constituer des vraies listes anticapitalistes européennes avec des militants d'autres pays, qui partagent les mêmes idées que nous"

       Autrement dit, les élections ne servent à rien, car le pouvoir politique n'existe pas, mais il veut s'y présenter uniquement pour "agiter" ses idées et propositions, pas pour rassembler et permettre une majorité politique pour peser sur les choix politiques et combattre AUSSI dans les institutions. De manière très poujadiste, il oppose action sociale, luttes ET élections.
Sarkozy et la droite n'ont qu'à bien se tenir! Besancenot ne compte que sur les luttes sociales ( le grand soir? la grève générale insurrectionnelle?) pour prendre le pouvoir ... économique. On comprend qu'il laisse le PS tranquille pour lui laisser le soin de promouvoir une simple alternance au pouvoir de droite

      Belle gesticulation verbale, "rrrévolutionnaire", comme Don Quichotte devant les moulins à vent!!! La démagogie "rrradicale" de Besancenot ne peut que faire remonter Sarkozy dans les sondages, face à une gauche incapable de contribuer à une résistance sociale ET à l'élaboration de propositions alternatives ( un PS en particulier, aux abonnés absents et un PCF qui se débat (tre) en cercle fermé, sans compter le barratin du libéral Cohn-Bendit et son rassemblement sans principe)
 
     Oui, nous devons rapidement poser les questions d'un LARGE rassemblement de toutes les forces qui contestent l'actuelle construction européenne (y c la LCR élargie), pour promouvoir des listes européennes capables de faire ELIRE des représentants qui se battent au Parlement européen ET dans les luttes, tout en travaillant à la résistance et à des propositions alternatives face à la politique de Sarkozy

    Sinon, j'ai grand peur que le champ politique soit déjà labouré et semé!... sous nos yeux de spectateurs!

    De ce point de vue l'appel de "Politis" que j"ai signé ne devrait-il pas contribuer à une dynamique réelle et urgente, sans attendre le 11 octobre (?)

                                                                                  Henri MOULINIER
                                                                                    La Rochelle
                                                                              ( Blog au même nom)

Par EMINEM - Publié dans : ACU - Communauté : Les antilibéraux
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Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /Août /2008 11:22
LEMONDE.FR | 24.08.08 | 07h56  •  Mis à jour le 24.08.08 | 09h59
Port-Leucate (envoyée spéciale)

ll veut "décréter l'état d'urgence sociale" face à la "casse sociale" amorcée par le gouvernement. Devant un gros millier de sympathisants venus pour la dernière université de la Ligue communiste révolutionnaire à Port-Leucate (Aude) - en 2009, elle laissera la place à celle de la nouvelle organisation qu'elle veut lancer, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA)- Olivier Besancenot a fait sa rentrée politique, samedi 23 août, sous le signe de la mobilisation générale. Le porte-parole de la LCR a appelé l'ensemble des organisations de gauche à des actions communes pour "résister et stopper Sarkozy".

Le jeune postier révolutionnaire a le vent en poupe, dans les sondages comme sur le terrain, et entend bien s'en servir pour se montrer le meilleur opposant à la droite. Même si les mois qui viennent seront ceux de la création de son nouveau parti, il a promis que ses amis "ne rentreront pas en apnée". En cette rentrée, marquée par une crise économique qui s'installe, des licenciements qui se profilent dans de nombreux secteurs et un pouvoir d'achat en berne, il y aura, selon lui, "du grabuge en perspective car une partie croissante de la population en a ras le bol". Lui qui a sillonné la France des grèves et des blocages, vers qui "les demandes de soutien pleuvent car une partie de la gauche ne fait pas son travail", affirme sentir "les cendres incandescentes des luttes qui brûlent toujours". Le verbe est fort et ses troupes ne doutent pas qu'ils sont les "résistants de la première heure" et désormais les seuls à défendre ceux "qui ont la rage".
Il a donc enjoint ses camarades à être "présents partout, sur tous les fronts". "Les conditions d'un mouvement général peuvent être réunies". Grèves, blocages d'entreprises ou de centres de tri postaux, mouvements de travailleurs sans-papiers, tout est bon pour faire monter la pression, a-t-il expliqué sous les applaudissements. Pour le jeune postier révolutionnaire, si la gauche "laisse faire la politique de classe menée par Sarkozy, dans quatre ans la société dans laquelle on vit ne sera plus tout à fait la même". Face au PS qui propose "d'attendre et d'attendre encore 2012 et une hypothétique alternance qui ne changera rien", ou de faire "de bons mots sur le style de Sarkozy", lui propose de se mobiliser pour défendre les "quatre piliers que la droite est en train de flinguer"  : le code du travail avec la remise en cause des 35 heures, les congés payés "parce que ça nous revient", les services publics "pour le plus grand nombre" et la protection sociale "pour que chacun puisse se soigner". Couronné meilleur opposant à Sarkozy dans les sondages, il a, une fois encore, assuré que "ceux et celles qui résistent peuvent compter" sur lui, parce que lui et ses amis sont "la gauche qui ira jusqu'au bout". Celle aussi qui a un programme précis avec "le partage des richesses, sous le contrôle de tous et qui soient la propriété de la collectivité toute entière". Augmentation de 300 euros de tous les salaires, levée du secret bancaire et interdiction des licenciements. les mots d'ordre n'ont pas changé.
Quant à l'alternative, elle a désormais un nouveau nom  : c'est le Nouveau parti anticapitaliste. Avec ses comités NPA qu'elle affirme voir "fleurir partout", la LCR veut "changer de braquet". Avec l'objectif "que ses idées deviennent majoritaire dans la société", a lancé l'ancien candidat à la présidentielle. Son programme a été résumé en une phrase  : "Nous ce qu'on veut, ce n'est pas de vivre mieux, encore moins de survivre. C'est vivre bien". Sur cette base, la LCR dit espérer dépasser les 10 000 membres en janvier 2009 pour le congrès de fondation du nouveau parti.  

Sylvia Zappi

   
Par EMINEM - Publié dans : NPA - Communauté : les anti-capitalistes
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